le mensuel des Lettres et des Symboles

Numéro 8 - Août 2003

N°7

N°9


Ami, vous qui êtes de passage…
 
Vous êtes convié à venir visiter régulièrement notre site.
 
Vous y trouverez tous les mois de nouveaux articles sur le thème de « l’Écrit », des réflexions artistiques, des poèmes, des calligraphies et des images graphiques…

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Les Rencontres de Lure
51ème édition

Cette année encore et pour la 51ème édition, les Rencontres de Lure organisent leur traditionnelle semaine du 24 au 30 août à Lurs en Provence. Le thème de cette année est “Une et mille vie, l’un est multiple” et la semaine se composera de trois jours de débats et conférences et de deux jours d’ateliers de recherches. Les sujets sont aussi nombreux qu’intéressants et les journées d’atelier proposent de nombreuses activités depuis la visite de la bibliothèque de François Richaudeau (dont on imagine les trésors qu’elle peut renfermer) jusqu’à un stage de Serge Cortesi (professeur à l’École Estienne) sur “Calligraphie et Typographie”. Bien entendu, une grande part de l’intérêt de ces rencontres se situe également dans la qualité des contacts entre participants au cours des repas, des pauses et des conversations diverses qui émaillent le séjour des participants. On peut y prendre langue avec tout ce que le monde de l’écriture compte d’érudits de la plus grande qualité et ceci sans aucun formalisme, ni aucune prétention. Ce qui est somme toute assez rare en cette époque de donneurs de leçons et de maîtres à penser.

Cette semaine, quoique majoritairement orientée vers le graphisme et la typographie ne peut que passionner toute personne ayant un intérêt pour la calligraphie et l’écriture en général, comme les quelques membres de Graphos ayant participé à l’édition 2002 pourront vous le confirmer. Reste que seuls les plus fortunés (ou les plus motivés ?) pourront acquitter le droit d’entrée assez élevé, mais sachez que ce que cette semaine vous apporte vaut largement l’effort financier et que vous bénéficierez d'une réduction substantielle si vous vous inscrivez avant le 20 juillet !

Vous trouverez le programme complet et tous les renseignements sur le site www.rencontresdelure.org.

Pierre-Fran¨ois Besson - Graphos, Juillet-Aout 2003

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Academiae Naturae

Un homme une femme
Une pomme
Un après-midi d’automne
Un dessin d’enfant ou
Le dessin d’un artiste
Un dessin d’Artaud
Le dessein d’un dessin
Pas de révérences
Envers les références
Inquiétude des extrêmes
Le doigt dans l’encrier
La main en négatif
Suivre les flèches
Sortie métro Lascaux

TEG - Graphos, Aout 2003

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Marcel Pagnol à Aubagne

A Aubagne, la maison natale de Pagnol devient un musée La maison natale de Marcel Pagnol, transformée pour devenir un lieu de mémoire consacré à l'écrivain-cinéaste, est inaugurée samedi à Aubagne, après d'importants travaux de rénovation.

Cette maison de ville, située au 16, cours Barthélemy, où naquit l'auteur de "La Gloire de mon père" et du "Château de ma mère", a fait l'objet "d'importants travaux" de la part de la communauté d'agglomération Garlaban-Huveaune-Sainte-Baume, pour devenir un musée consacré à ses années d'enfance.

Marcel Pagnol y vécut seulement deux ans, de sa naissance, le 28 février 1895, dans cette ville "au pied du Garlaban couronné de chèvres au temps des derniers chevriers", jusqu'au déménagement de ses parents, Joseph et Augustine, à Marseille. Mais la famille Pagnol retrouve le chemin des collines avoisinantes en 1904 : dès l'été, commencent les expéditions vers leur maison de campagne, la Bastide Neuve, savoureusement narrées dans ses "souvenirs d'enfance".

L'appartement de 1895 a été reconstitué et une salle d'exposition aménagée dans une partie des 130 m 2 du rez-de-chaussée. Dans ce décor trônent désormais des portraits de famille, la bibliothèque de Marcel enfant, ses cahiers d'écriture, et sa correspondance.

Aubagne, fière d'avoir été une source d'inspiration pour le père de Marius-Fanny-César, disparu en 1974, perpétue sa mémoire notamment à travers des circuits pédestres sur les traces de l'académicien et de ses personnages : Angèle, Naïs, la Belle Meunière...

La ville avait célébré le centenaire de sa naissance, animé par le journaliste et cinéaste Pierre Tchernia. Ami de Pagnol, ce dernier devait présider de nouveau aux festivités de samedi. 

Communication de Martin Frenette sur l’Agora des Bibliophiles.
http://pages.infinit.net/mflibra1/agoram.htm

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L'Amour la Poésie

XIV

A l’assaut des jardins
Les saisons sont partout à la fois
Passion de l’été pour l’hiver
Et la tendresse des deux autres
Les souvenirs comme des plumes
Les arbres ont brisé le ciel
Un beau chêne gâché de brume
La vie des oiseaux ou la vie des plumes
Et tout un panache frivole
Avec des craintes
Et la solitude bavarde.

Paul Eluard, L’amour la Poésie – Gallimard ed. 1929

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Mythologismes

«  Le mythe est une valeur,
il n’a pas la vérité pour sanction :
rien ne l’empêche d’être un alibi perpétuel. »

Roland Barthes

Lorsque le mensonge s’insinue dans la langue, la mort perce dans les corps. Comprendre c’est distinguer. Mal nommer l’évènement, en refuser la singularité, c’est ajouter à la confusion et au malheur du monde. Le postulat de réalité est taillé en pièces, l’advenu est jeté en pâture à la libre opinion de la pensée dominante, on ne sait jamais ce que le passé nous réserve.

Au nom de leur Election, ils voueraient leurs prochains à la catastrophe, ils auraient déserté la place de l’Autre pour celle du bourreau : la rumeur est plantée comme un bloc de granit au seuil de l’Histoire, elle gronde comme un cœur sourd, sur le terreau d’infamie. Depuis leur magistère moral, des épurateurs sans foi ni loi, guetteurs du mal absolu, les condamnent au châtiment sempiternel de Sisyphe comme gage de leur légitimité sans cesse effondrée. Temporairement déifiés par la tragédie de l’Anéantissement, une blessure éternelle dans la chair terrestre du temps, ils sont ramenés à leur destin déicide par l’ordre religieux majeur de notre humanité moderne : son imaginaire compassionnel qui, gorgé de repentances accablantes, opère le renversement et se tourne naturellement vers le martyr désarmé, figure héroïsé du désespoir.

Une haine abyssale, d’ouragan lyrique, a renversé toutes les digues. C’est notre discernement qu’il faut précipiter sur la forge si nous voulons porter la raison à incandescence et empêcher Dieu de mourir.

René Cohen – Revue Filigrane ©
& la lettre de Thot No8 © – Août 2003
René Cohen est fondateur de la revue de Poésie « Filigranes », est membre fondateur avec Pierre-François Besson et Thierry E Garnier des Associations Graphos & Thot.

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« ! No Hay... »

« ! No Hay Camino
Hay Que Caminar ! »
 

Un jour
un pèlerin
a jeté cette phrase
sur ma table

(Il disait l’avoir lue
sur les murs
d’un vieux monastère de Castille….)

Ces mots
germeraient-il directement du bois…
ou de cette lointaine pierre
usée par les vents ?

D’abord – rapidement – écrite – écrite encore – réécrite à nouveau – avec ce qui tombait sous la main – sur n’importe quoi – la tapisserie de la chambre – le marbre de la table –
les pages blanches des livres en cours – sur des tickets de bus – dans la main–

La phrase revenait – lancinante – revenait – revenait – puis tout à coup :

pinceaux-encres-colle-papiers-taches-graffiti-(tout à la fois) –
me firent
rebrousser chemin
jusqu’au début
dans la caillasse par le soleil
ou
le vent glacial…
Camino mio ... il s’est tracé
à travers les ronces
les pierres qui volent
ou les coups-bas

pinceaux-encres-colle-papiers-taches-graffiti-
même sur la terre incendiée
Camino mio – j’ai tant marché

pinceaux-encres-colle-papiers-taches-graffiti-calligraphie-
les pièces dispersées se sont rassemblées
fébrilement
au fil de cette seule année-là.

Pèlerin ! Où que tu sois… merci…
merci mille fois.
Et que ces mêmes mots
essaiment vers d’autres lointains.

Anne-Marie Jeanjean, textes et calligraphies.
NO HAY CAMINO HAY QUE CAMINAR : série de 11 pièces – 2002 –

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Voyage aux îles de l’origine

Loin de nous la pensée de tracer un itinéraire conduisant dans le sens de la visite, ce qui serait contraignant et surtout inutile car, dans une exposition, chaque visiteur doit d’abord être libre d’aller où bon lui semble pour choisir selon son regard.

Dans ces pages, seulement quelques indications pour éclairer un peu la raison de ce titre et situer quelques points concernant la composition des salles.

Car ces peintures ont toutes été exécutées à des époques différentes et semblent n’avoir aucun lien entre elles.

Chaque expression est le reflet, le souvenir d’un voyage particulier et imaginaire donc réel.
La Chine et le Japon pour les bambous ; les lointaines civilisations précolombiennes du Pérou pour les compositions à l’or au repoussé de la vitrine.

Dans la première salle des écritures, à droite, quelques enluminures sur manuscrits anciens du XVIIe et XVIIIe siècles à coté de pages composées sur papier parcheminé.

En entrant ensuite dans la seconde salle, à gauche, peinture bleue en relief : souvenir de la période néolithique. Gavrinis en particulier.

Suivie d’une famille de peintures sur fond bleu et blanc, avant les bambous. Sur le panneau, en face, deux peintures bleues. Ce sont les vaisseaux de la mémoire qui parcourent de grandes étendues de temps à la recherche des Iles de l’Origine.

A droite, sur l’autre panneau, un grand paysage signalant la direction du voyage vers les Iles. A droite de ce panneau, quelques peintures d’objets flottants non identifiés : les OFNIS.
Sur le mur, à droite de la salle, quelques peintures souvenirs des bords de la Saône.

En entrant dans la seconde salle, quelques reflets des époques pré-historiques : sites encore inconnus.

Sur le panneau à gauche, quelques formes suggérant des influences de la civilisation de la pierre levée.

Dans la grande salle des Totems, l’ordre chronologique n’est donc pas suivi car les choses ont été conçues sans tenir compte du temps, de l’apparence conforme au calendrier : elles sont d’un autre temps qui demeure toujours présent. Insaisissable pourtant et toujours prêt à engager l’avenir pour de futurs voyages et pour retrouver aussi ce qui se tient encore plus éloigné dans le passé, dans cet espace indéfinissable où ce qui est avant et après se confond. Mais dans la clarté et sans confusion : dans une lumière nouvelle qui est celle du plein-temps non dispersé.

Jeudi huitième de février, en ouvrant le journal de bord abandonné depuis longtemps sur un rivage d’île oubliée.

La lampe d’éclairante jaune qui oscille sur la table à chaque mouvement de plume, semblable à un tangage inlassable, rappelle que cette pièce est d’abord la chambre d’un navire où sont rassemblés tous les éléments d’un voyage sans escale conduisant à des rivages d’Iles inconnues, mais dont pourtant une mémoire qui surgit au-delà de la mémoire semble se souvenir aux approches du matin.

La lueur d’une couleur ocre-rouge n’en finit pas d’inscrire son incandescence jusque tard dans la nuit, car elle appartient d’abord au monde immense de la préhistoire.

Elle est aussi celle des encres du moyen âge occidental sur lesquelles le temps a laissé son empreinte indélébile en oxydant à travers les siècles le fer de leur composition.

… Qui rejoint aussi cette couleur brune des tissus mayas et péruviens, celle des somptueux tapas des Iles de la Sonde, de Tonga, de Samoa et de certaines sculptures Dogon, le bois des flèches de nouvelles Guinée, les boucliers sculptés du moyen Sépik.

Toutes ces civilisations, auxquelles nous devons tant, fraternisent à travers le temps et l’espace dans l’harmonie de cette même couleur.

Chaque Totem est le gardien vigilant d’une Ile qui ne connaît pas son nom.

Les deux petits paysages bleus placés là pour rompre la monotonie des couleurs ocres dominantes sont des images des ces Iles lointaines et non identifiées.

En revenant vers la gauche, sur un panneau, trois peintures de rivages d’Iles découvertes mais gardées au secret.

Jacques Le Roux. Chavannes-sur-Reyssouze, avril 2003.

Texte écrit par Jacques le Roux pour l’exposition qui se déroule actuellement au Musée de Pont-de-Vaux, jusqu’au 31 octobre 2003.

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La calligraphie

La calligraphie est un mouvement de l’âme, l’écriture, art du pinceau, est devenue une peinture du cœur.

Ecrire un texte du point de vue de l’esprit, c’est de la littérature. L’écrire à partir du corps, dans cette perspective très physique d’un geste du poignet, c’est de la calligraphie

Mais le texte reste au cœur et la calligraphie apparaît parfois autant comme un acte littéraire que comme un acte graphique.

Harumi Kushizaki

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Le coeur à barbe


«  La poésie n’est pas uniquement un produit écrit, une succession d’images ou de sons, mais une manière de vivre. »
Tristan Tzara

Le cœur à barbe. Journal transparent.
Editeur Tristan Tzara, Gérant G. Ribemont-Dessaignes

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