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Numéro
54
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Ami, vous qui êtes de passage… Vous êtes convié à venir visiter régulièrement notre site. Vous y trouverez tous les mois de nouveaux articles sur le thème de « l’Écrit », des réflexions artistiques, des poèmes, des calligraphies et des images graphiques… |
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| Sommaire |
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« Aux
confins de l'illisible » Les écritures micrographiques n’ont fait l’objet que de peu d’études en France. Ces écritures sont pourtant d’un grand intérêt sur le plan graphique, sans parler de la virtuosité calligraphique à s’essayer à ce type d’exercice. Dans le cadre de ses ateliers calligraphiques, entamé voilà dix ans maintenant, Graphos proposera en novembre 2008, à ses membres, un travail circonstancié et de haute qualité permettant d’apprécier – en vraie grandeur – toute la difficulté de cet exercice de style… Un stage de virtuosité, d’adresse, tout en toucher et subtilité ! Procédé d'écriture minuscule attesté dans des traditions très anciennes et très diverses (hébraïque, arabe, persane, indienne), la micrographie emporte l'écriture aux confins de l'illisible ; le texte n'y est plus fait pour être lu mais vu, il devient ornement ou énigme imagée, ou inscription voilée de la puissance d'une parole sacrée dont la force agit à travers l'enfouissement du signe. Elle assume selon les cultures des fonctions différentes. Elle relève en Mésopotamie de la prouesse technique tant il est difficile d'écrire en caractères minuscules sur l'argile. Ainsi, vers 2000 avant J.-C., par souci de virtuosité ou désir d'accomplir une œuvre exceptionnelle pour la déesse de l'amour, « reine du ciel », un scribe écrivit en sumérien une lamentation, dont un fragment d'argile haut de 2 centimètres et comportant 30 lignes nous est parvenu. La tablette devait comporter près de mille lignes et fut écrite à l'aide d'une lentille réalisée avec un morceau de quartz, ou en fixant l'espace à écrire à travers une paire de roseaux creux pour restreindre le champ de vision. Dans la tradition manuscrite hébraïque (où elle est attestée à partir du IXe siècle), l'écriture micrographique porte sur l'appareil critique donnant dans les marges du texte biblique des indications de lecture, la « massore » : elle y joue le rôle d'un décor géométrique ou figuratif contribuant à l'embellissement de la page, elle peut aussi avoir valeur illustrative ou suggérer une interprétation cachée du texte. Rompant la linéarité du discours, écho peut-être du Tetragramme imprononçable, elle enroule l'énigme à l'écriture du texte sacré, le redéploie comme un trésor caché. Dans les traditions arabe et indienne, elle s'applique souvent au texte sacré lui-même - généralement connu par cœur : performance ayant valeur d'épreuve sanctifiante pour le scribe qui s'y emploie, elle y affirme aussi la magie d'une Présence contenue dans les signes, rayonnant de leur illisibilité même. Dossier
préparé par TEG // Graphos, avril 2008
STAGE GRAPHOS à MARSEILLE Toujours à la pointe de la créativité, de l’expérimentation graphique et calligraphique, un enseignement ludique mais aussi proposant constamment des stages nouveaux et érudits, Graphos proposera pour la première fois en France, dans ce stage de second degré, un voyage dans la trame, dans le temps et l’Histoire : de la calligraphie hébraïque aux compositions quasi microscopique du moyen age, un atelier « Microcosmos » pour petits et grands… Le 16 Novembre 2008 – « Les Micro-écritures » |
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En 2008, Le Blog de Graphos se lance dans de nouvelles aventures ! Pour faire péter les scores de son Blog, la rédaction de Graphos au mépris de toutes les règles déontologiques de la blogosphère vous propose ce mois-ci du sex, du trash et du rock n’roll ! A découvrir
en exclusivité à partir
de ce jour ! Toutes les nouveautés à découvrir : 1
- L’élection de « Miss Graphos
2008 », 2
- Les blagues interdites d’André Bloggo,
3 - Les
dessins censurés de la rédaction
Graphos // avril 2008 |
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La calligraphie forme avec la peinture et la poésie, les trois sommets de la culture chinoise. Langage pictural à part entière, l'art calligraphique est considéré en Chine comme une composante primordiale de la civilisation. Elle reflète les conceptions chinoises de l'univers régies par la théorie du YIN et du YANG. À travers la calligraphie, le Vide garantit l'équilibre, renferme des souffles vitaux et nous entraîne dans le monde invisible mille fois plus émouvant, pittoresque et vivant que notre monde visible. Apparue il y a plusieurs millénaires, la calligraphie chinoise a évolué au cours des époques sans jamais oublier son histoire.
Les différents styles peuvent être classé en : - JIAGUWEN : Écriture sur carapaces de tortues; - JINWEN : Écriture sur bronze; - ZHUANSHU : Écriture des sceaux;
- LISHU : Écriture employée par les fonctionnaires sous la dynastie Han. Style droit ; - KAISHU : Écriture régulière (fin de la dynastie des Han). Proche du Lishu, Kaishu est cependant plus simplifié et le caractère est plus carré ; - CAOSHU : Écriture d'herbe. Caractères cursifs apparus entre la dynastie des Qin et celle des Han. Les traits volent dans tous les sens, la grosseur du tracé change de façon inattendue. Les coups de pinceau ne sont plus rectilignes et rigides, mais deviennent des signes esthétiques ; - XINSHU : Écriture apparue à la fin de la dynastie Han, plus simple et plus cursive que Kaishu et Lishu, mais plus traditionnelle et lisible que Caoshu. Deux sites consacrés à la peinture et la calligraphie chinoise à découvrir sur : http://www.peinture-chinoise.fr/calligraphies-c-2.html et |
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Voici un TP, grandeur nature auquel seul Graphos peut vous convier… 1 - Lisez donc ci-dessous ce petit texte magique, La jeune calligraphe, arrivé à pas feutré à dos d’hélidoptère, écrit de mains amies… par une de nos lectrices initiées. Lisez ici… imaginez la campagne verdoyante et les yeux bleus de chine de l’auteur, les draps froissés et le fruit défendu… 2
- Puis écoutez après
avoir lu, ce même texte de Corinne
Jeanson interprété par
Nicole Amann et la composition réalisée
par Hervé Jeanson, sur : (Version >67 // La jeune calligraphe - 4mn29s) Vous m’en direz des nouvelles. 3 - Puis relisez le texte… Effet Kiss Cool garanti ! TEG – La LdT No 54. La jeune Calligraphe Campagne de Chine : c'est la dernière des cartes postales que mon père m'a envoyée cette année. Je ne sais pas de quelle région il s'agit. Regardez, le gros rocher semble tombé du ciel depuis la veille, vous ne trouvez pas ? Voulez-vous boire un café ? Asseyez-vous, je vous le sers bien chaud. Mon métier ? Je suis calligraphe. Je recopie avec des plumes à bec d'anciens textes sacrés ou désuets. Je m'applique devant mon bureau tout le matin et tout l'après-midi, c'est un rituel indispensable. Je reste là des heures jusqu'à la tombée de la nuit. Lorsque la nuit tombe, je ne sais plus recopier. Je ne sais pas écrire non plus. Je me couche tôt sous les draps blancs de mon lit étroit. Mon père n'est pas venu ici depuis des mois. Il voyage. Pour ses affaires, dit-il. Je reçois ses cartes postales que je colle sur le mur de la cuisine au-dessus de la machine à café. Je bois beaucoup de cafés, je regarde souvent ses cartes. C'est un bout du monde qui arrive jusqu'ici. Mon éditeur parfois me rend visite pour connaître l'avancée de mes travaux. Ce sont des visites courtes. Je crois que je l'ennuie. Souvent j'ennuie les gens. Je parle peu. Avec vous, je parle beaucoup, c'est inhabituel. Mon père, lui, est capable d'amuser des inconnus tout au long d'une soirée. Ma mère était comme moi, dit-il, distraite et effacée, mais je n'ai pas connu ma mère. Longtemps mon père a gardé dans son portefeuille une photo de moi, prise à l'école maternelle, avec mes dessins d'enfant accrochés au mur, derrière mon bureau d'écolière. En ce temps-là j'avais les cheveux longs. Cela n'a pas duré. Mon père ne supportait pas mes cris chaque fois qu'il tentait de me coiffer. Je n'avais pas d'autres moyens pour communiquer avec lui que pousser des petits cris, enfin seulement quand il me coiffait. Le matin, je bois mon café debout devant la machine à café, je regarde les cartes postales des pays que mon père traverse, voilà mes seuls lieux imaginaires. Mon père a rapporté de tous ses voyages des objets encombrants, poussiéreux qui me donnent tant de travail, des meubles en bois précieux, des peaux de tigre, des boîtes en corne d'éléphant. Ma tante, qui est une vieille dame, me traite de folle, jeter des objets aussi rares ! Pour moi, ce ne sont que des objets poussiéreux et ennuyeux, comme ma vie. Heureusement, mon père m'envoie des cartes postales. Vos yeux sont tristes mais doux. J'aime bien vos yeux. Non, je vous assure dans mes copies calligraphiques, je me livre bien plus que je ne l'oserais avec un livre que j'écrirais. Surtout je n'ai rien à écrire d'important sur ma vie, elle manque de fantaisie, aucun fantasme non plus ne m'habite. Ah si, le jus de grenade. Parce que j'utilise la grenade, mon fruit préféré, pour mes encres. Vous savez dans la grenade ce qu'on mange ce sont les graines, pas la chair. Et avec la peau on fait de l'encre. Mais surtout, chut, écoutez, c'est lui le fruit défendu. Parce que, réfléchissez, si c'est la graine qu'on mange, ce fruit ne peut pas se reproduire, c'est pour ça qu'il est interdit, voyez-vous. Oui, je sais, c'est embrouillé dans ma tête. Il est préférable que je recopie les textes d'auteurs anciens, oubliés, ma tête reste en paix avec ses complications. Mais laissons ça. Je vous ai tout dit de ma vie. Pourquoi prenez-vous ma main ? Oui, la nuit tombe, je veux bien que vous restiez ce soir chez moi. De toute façon je ne pourrais plus travailler, il fait nuit. Ne craignez-vous pas de vous ennuyer avec moi ? Corinne
Jeanson © 2007 & aussi du même auteur : L'homme sur le banc regardait les amoureux enlacés à ses côtés, oublieux de sa solitude à lui. Il tressaillit à son propre sourire ému : l'amour ne lui appartenait plus qu'à travers celui des autres. des testes
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