le @Webzine des Lettres et des Symboles

Numéro 53
Janvier - Février - Mars 2008

N°52

N°54


Ami, vous qui êtes de passage…
 
Vous êtes convié à venir visiter régulièrement notre site.
 
Vous y trouverez tous les mois de nouveaux articles sur le thème de « l’Écrit », des réflexions artistiques, des poèmes, des calligraphies et des images graphiques…

Sommaire


Le-Blog-du-mois-de-l’année-2008 !
by >[André-Bloggo-du-Blog-de-Graphos.Net]

Pour démarrer l’année en beauté avec le Blog du mois de l’année >[08] !

Attention au décollage, … ça tue la mort !

1 >[Secret Story (13 septembre 2007)]… Hé oui ! Hé oui … Je le sais… vous avez toujours rêvé de massacrer à la tronçonneuse votre voisin de bureau, de le fracasser à coups de sabre de samouraïs tel le Bill de Kill Bill, version Two, de l’atomiser à coups de grenades à fragmentation, cet infâme insecte visqueux qui vous sert de congénère décérébré à raison de 8 heures par jour, depuis 15 ans… Il veut, ce cloporte, vous empêcher de réaliser votre rêve le plus fou, celui d’épouser en secret Pamela B., votre voisine de bureau… Mais le pourra-t-il vraiment… ? 2 >Vous auriez aussi aimé être [Skating Man (22 août 2007)], l’homme qui speed-dating plus vite que son ombre…, encore plus fort que le Surfer d’argent, et en plus en vrai, in ze real life… à dix centimètres du sol, sur un vrai skate en bois de sapin… à fond les gamelles… Que du lourd ! Hein ça te dit ? Allez j’te file le joint, mais mèffi, …fous ta cagoule ma couille ! C’est sûr qu’c’est pas les patins de Tatie Danielle ! « Ne faites pas ça chez vous les enfants… euh je veux dire sur la road... » A mettre avec le son à donf ! 3 > [Bloggo J’te Love (14 août 2007)]... Ne clique pas sur le Pop Up man ! … T’es fou ! Vous avez toujours rêvé de rencontrer une blonde à forte poitrine… Allez dis-le Paulo ? Yes ? Alors c’est Meetic qu’il te faut, le number one de chez one, le site rempli de meufs canons qu’ont rien d’autre à foutre qu’à glander de longue sur ton PC et d’être scotchées sur Meetic vu qu’elles sont seules et désespérées et qu’elles t’aiment, raaaaaaahhhhh loooooovelyyyyyy et qu’elles attendent que toi Maurice ! C’est cool…, tu l’as fait Meetic ? Allez lapin fais péter la carte Gold ! … ça c’est sûr t’es mon héros toto ! Alors ma poule ? Tu l’aimes ton Bloggo ?

Le blog du mois sur Graphos :

Un certain état d'esprit
http://www.falkenzone.com/

(NDLR //Les références de l’article d’André Bloggo se trouvent en page 3 de ce blog…)

Avec plein de petites vidéos bien sympa…
Comme on en trouve des Megas sur le WEB

La Chronique d’André Bloggo - 1er janvier 2008 - [LdT N 53]

> [& aussi…] le Best Of d’André Bloggo – TOPIC Physique quantique et Sémiologie

Le Best Of des Aphorismes d’André Bloggo.
200 Aphorismes sur la Blogosphère et quelques cornichons.

A commander sur >[la Boutique de Thot – 12 €]

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Calligraphie & Ordre du Temple


L’intérêt de la Calligraphie pour peu que l’on s’adonne à cet art de manière passionné est aussi de s’intéresser de près à l’étude des manuscrits anciens, ce que l’on nomme la Paléographie, ainsi qu’à l’Histoire à part entière dans ces différentes époques et courants esthétiques. Cela est essentiel pour l’étudiant d’appréhender ainsi la Calligraphie, à bras le corps, la plume d’oie dans l’encrier, le cœur sur la main, et les sens aux aguets, car authentiquement, tout, absolument tout, participe à la réalisation nouvelle d’une écriture donnée, de la Philosophie à l’Architecture. La « renaissance » de cette période du Moyen Age à laquelle nous assistons aujourd’hui nous permet, à travers les reconstitutions historiques et les fêtes médiévales de plus en plus répandues en France, compte tenu du patrimoine architectural exceptionnel qui est le nôtre, de nous plonger avec délectation dans une époque révolue… à l’ombre des Cathédrales. La période templière de 1118 à 1314 nous a laissé un nombre important de documents anciens, de la Règle de l’Ordre à l’arrestation des Templiers. Cette arrestation fut réalisée on le sait le 13 octobre 1307 dans le Royaume de France, mais seulement le 24 janvier 1308 dans le Royaume de Provence sur ordre de Philippe Le Bel et du pape Clément V. La Lettre de Thot présente ce moi-ci un document paléographique conservé aux Archives nationales, il s’agit d’une quittance de Philippe Le Bel calligraphiée en cursive gothique, en date du 29 mai 1297, où le Roi reconnaît avoir pris au Temple 5200 Livres Tournois, pour financer une croisade et s’engage à répondre de cette somme pour les Templiers…

TEG // © Graphos - 1er janvier 2008

La Rose d'Or

Commémoration du Sept-centenaire de l’arrestation des Templiers

(Octobre 1307 & Janvier 1308)

N'oubliez pas de mettre le son à fond !

Réalisation // Thierry de Beaumont (1307-2007)
Une Production // ARQA vidéo & Georges Kaplan édition
Sept-centenaire de l’Ordre du Temple

La Lettre de THOT © & DR janvier 2008.

Montage // Alexandre Dampuré
Régie technique // Pierre François Besson
Photos © // A Gesuele, Marc Marino & Fr Philippe

Si vous rencontrez des problèmes techniques pour regarder notre film (selon les navigateurs utilisés, etc.),
vous pouvez aller le voir également sur :
http://www.youtube.com/watch?v=7c8aW6ezcLo

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Trois pierres, Cinq fleurs

Petit traité du jardin japonais
par Bertrand Petit & Keiko Yokoyama

 

Vous aviez aimé L’adieu au samouraï et Poèmes du thé de ces mêmes auteurs…Vous appréciez par-dessus tout la calligraphie japonaise, le saké, la nature, les saisons, les pruniers en couleurs, les jardins japonais,… les bonsaïs, les pierres et les fleurs… alors ce dernier né de la collection Pollen, Trois pierres cinq fleurs, est pour vous… Depuis des siècles, les japonais entretiennent une relation très proche avec la nature, et leurs jardins témoignent de ce profond attachement. Ces espaces se déclinent sous plusieurs formes, allant de la cour intérieure au jardin zen, en passant par le jardin de promenade et de contemplation, ou celui de la maison de thé. Chacun d'eux est le résultat d'un travail de conception extrêmement élaboré tant d'un point de vue architectural que symbolique dont la longue tradition, issue en grande partie de Chine ou de Corée, est influencée par le shintoïsme et le bouddhisme. Les premiers écrits japonais sur la conception des jardins remontent au XIe siècle. Le texte fondateur qui est proposé ici date de 1395, époque fortement marquée par le développement du bouddhisme zen ; c'est la première fois qu'il est traduit dans une langue occidentale. Dans ce recueil de traditions secrètes dispensées au sein de l'école Saga, on apprend l'art de poser les pierres, celui d'organiser le jardin, de construire « l'île du souffle d'en haut », et d'atteindre « deux bonheurs et trois biens » en respectant des règles très strictes d'aménagement...

Ce traité théorique, qui se présente parfois sous une forme un peu énigmatique, est émaillé de poèmes traitant de jardin. Ils sont issus de grands auteurs de la littérature japonaise.

Les AUTEURS //

BERTAND PETIT pratique les arts martiaux et est adepte du shakuhachi (flûte japonaise d'origine zen). Il s'est pris de passion pour la langue japonaise, d'abord dans le cadre professionnel puis ,lors d'un long séjour au Pays du soleil levant.

KEIKO YOKOYAMA est issue d'une famille de calligraphes de Nagano au Japon. Elle a grandi dans un milieu où les traditions japonaises sont restées bien vivantes. Elle pratique la calligraphie et l'origami - l'art du pliage - depuis son enfance et vit en France depuis huit ans, où elle enseigne ces deux disciplines et expose fréquemment son travail.

Trois pierres 5 fleurs - Petit traité du jardin japonais
Traduction de Bertrand Petit - Calligraphies de Keiko Yokoyama
10 x 19 cm, 64 pages en quadri - 12 €

Graphos // La LdT No 53



L’Art des jardins japonais

L’Art des jardins japonais s’est écrit tout au long des siècles, s’enrichissant à chaque nouvelle époque de l’Histoire du pays, des préceptes issus des grandes religions et philosophies orientales. De l’Histoire du Japon naîtront plusieurs styles de jardins, reflétant ainsi l’identité du pays du Soleil Levant.

Époque des KOFUNS, 310-552

Dès l’an 300, on assiste aux prémices des jardins japonais engendrées par l’arrivée d’une nouvelle vague d'immigrants venus de Corée. Ces derniers, en imposant leur culture aux autochtones, poseront la base de la culture japonaise et permettront la naissance d’un art nouveau, celui des jardins japonais. La construction des jardins dans de petits espaces clos découlerait vraisemblablement d’une pratique coréenne relative au culte des morts. Les sépultures des souverains étaient construites dans des espaces clos composés de gigantesques tumuli (les kofuns) ornés par des poteries et pouvant aller jusqu’à 800 mètres de long. L’art des jardins aurait donc emprunté à cette pratique le concept d’enceinte, caractéristique des jardins japonais. Ce n’est cependant qu’avec l’émergence d’un culte à l’égard de la nature, le shintoïsme, que seront réellement posés les fondements de l’art des jardins japonais. Par cette religion propre au Japon, les japonais vénèreront la nature et toutes ses forces. Ainsi les montagnes, les rivières, le tonnerre ou tout autre phénomène seront considérés comme des manifestations divines. Certaines pierres ou arbres, en raison de leur forme particulière, deviendront des objets sacrés, demeures des esprits divins. Mais le shintoïsme n’est pas seulement une religion, il est aussi et surtout un mode de vie élaborant un code de bonne conduite entre l’Homme et la Nature.

Époque ASUKA, 593-710

C’est en 594 que le prince Shôtoku Taishi impose le bouddhisme comme religion d'État. Les croyances chinoises se mêleront alors aux croyances japonaises, les cultes Shintô et Bouddhiste cohabiteront pacifiquement mélangeant parfois les divinités, et même certains rites. Les nombreux points communs entre les deux religions faciliteront largement son assimilation par la population japonaise et leur traduction sur le terrain sera très proche.

En effet, la réalisation des jardins japonais, comme des jardins chinois, répond à un besoin de rapprochement de l’homme avec l’au-delà. Les jardins se doivent d’être une représentation du paradis où l'homme n’occupera qu'une part infiniment modeste, où son action sur la nature ne sera que supposée. Et si dans la tradition Bouddhiste, le paradis est représenté par des lacs, des îles et des montagnes entourant de vastes résidences qui symbolisent la demeure du bouddha, il est, dans la tradition Taoïste, représenté par un groupe d’îles-montagnes flottant sur l’océan où vivent des Immortels. C’est donc à cette époque que l’on assistera à la naissance des « jardins îles ».

Époque NARA, 710-794

La synthèse entre les jardins japonais et les jardins chinois s’opèrera peu à peu lors de la période Nara, ne se limitant pas aux éléments essentiels – l’eau, les îles et les montagnes – mais en intégrant des éléments votifs venant de Chine – fontaines de pierre, ponts – et en modifiant les dimensions des jardins. Ils ne cesseront alors de croître tout au long de cette ère.

L’influence de la Chine à cette époque est grandissante. Toute l’architecture de la capitale japonaise sera construite selon les critères chinois : des palais et de grands sanctuaires bouddhistes y seront édifiés selon le style et les méthodes du continent. En effet, les japonais se verront enseigner les Arts - art du tissage de la soie, orfèvrerie, art de la laque ou de la charpenterie - par des techniciens et savants chinois.

Période HEIAN, 794-1185

À la fin du IXème siècle (en 894), les relations avec la Chine sont interrompues.

À cette époque, les jardins seront des reproductions quasi identiques des paysages naturels sur le plan physique comme spirituel. Car l’objectif n’est pas seulement d’imiter point par point les paysages mais avant tout de tenter de refléter leur esprit dans le respect des croyances bouddhistes. Les jardins seront aménagés au rythme des saisons : la mise en évidence du sentiment de l’éphémère que procure la nature constituera l’axe central de la création des jardins. C’est à cette époque que le Sakutei-ki (« De la création des jardins ») fut rédigé. Il s’agit d’un mode d’emploi reprenant une à une les règles de création des jardins, restées jusqu’alors au stade oral. L’ouvrage est composé de onze rubriques relatives à la mise en place des pierres et aux différents styles qu’elles représentent, aux styles de rivages et de formes d’îles, aux cours d’eau, aux cascades, aux enseignements ancestraux. Il réglemente en outre les devoirs et les interdits des initiés. Si aujourd'hui, les croyances énoncées dans cet écrit n'ont plus cours, l’art du jardin japonais repose encore et toujours sur ce traité.

Époque KAMAKURA, 1185-1333

Le bouddhisme continue son ascension au sein du pays et l’on assiste dès le début du XIIème siècle à la naissance du bouddhisme zen. La culture Zen gagna très rapidement l’ensemble du Japon en annihilant les croyances religieuses au profit de la laïcisation des rapports entre l’Homme et le Divin. Cette culture Zen portée par les castes guerrières omniprésentes au Japon ces derniers siècles, repose en effet sur la recherche personnelle du salut, sans aucune référence aux textes et icônes, afin de s'adresser exclusivement à la maîtrise de soi. Les jardins zen (ou secs), fidèles traductions de cette quête, auront un style parfaitement épuré où les îles et les pièces d’eau, éléments jusqu’alors essentiels des jardins japonais, se verront remplacées par leur stylisation. Ces jardins sont alors composés exclusivement de sable blanc et de pierres, dont la profondeur du vide est considérée propice à la méditation.

Époque MUROMACHI, 1333-1568

Les jardins devenus secs n’auront plus alors qu’un rôle purement esthétique et seront bâtis comme une extension de la maison où il fait bon vivre. Les dimensions des jardins redeviennent, dès lors, plus raisonnables, voire assez petites.

Période MOMAYAMA, 1573-1603

La cérémonie du thé est alors une pratique en pleine expansion. Elle se déroule dans un petit pavillon spécialement conçu pour, séparé de la maison que l’on atteint en traversant un jardin composé d’éléments typiques des jardins ultérieurs : sentiers de pierre, lanternes, bassins.

Époque EDO, 1600-1868

Le Japon vivra coupé du monde, recentré sur lui-même, les étrangers seront alors renvoyés.

Cette période correspond à l’apparition des jardins promenades où les pierres et arbres de grande taille servent alors le plus souvent à reproduire des pahysages connus et célèbres ; il s’agit tout simplement de reproduction sur des schémas répétés à l’infini. Dans ces jardins, on retrouvera simultanément les jardins secs et les jardins de thé, les jardins îles et jardins empruntés. Les préoccupations esthétiques prédominent dorénavant sur les considérations religieuses, bien que le bouddhisme zen soit durant toute cette période encore à l’honneur.

Époque CONTEMPORAINE, 1868 à aujourd'hui

En 1868, le Japon s’ouvre de nouveau sur le monde, et l’on assiste à l’apparition dans les jardins de massifs de fleurs et de pelouse, ainsi qu’à la naissance des jardins lettrés. Ces derniers reposeront sur des règles rigoureusement autochtones et sur des critères de simplicité et de raffinement. Le shintô sera alors imposé comme religion d’État avant d’être aboli à la fin de la seconde guerre mondiale.

À découvrir sur : http://www.jardinjaponais.fr/historique.php

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Les Phéniciens & l'alphabet phénicien


Nous faisions état dans notre livraison de la Lettre de Thot No 49, de janvier 2007, dans un article consacré à la légende de l’Alphabet, de l’écriture phénicienne, véritable clef de voûte du système alphabétique occidental. Nous revenons dans cette nouvelle publication sur ce sujet parfois contesté – Une étude particulièrement intéressante du site « Typographie et Civilisation » que nous versons au dossier sur l’origine de l’Ecriture. C’est le site du mois chez Graphos… (Beau comme une bas-de-casse en Palatino ! Et avec un contenu intelligent… ce qui ne gâche rien !) Sur ce même thème, surtout ne manquez pas la très belle exposition sur les Phéniciens, « La méditerranée des Phéniciens de Tyr à Carthage » à l’Institut du Monde Arabe, jusqu’au 20 avril 2008 :

http://www.imarabe.org/

et le catalogue de l’expo – Les Phéniciens, Découvertes Gallimard.

Graphos // Janvier 2008

Polémique

«  Le peuple phénicien a l’insigne honneur d’avoir inventé les lettres de l’alphabet. »
Pline l’Ancien

La question de l’attribution de l’invention de l’alphabet aux Phéniciens est un point d’histoire qui a toujours été discuté. Tous les Anciens ne partageaient pas l’avis de Pline ou d’Hérodote, certains, comme Diodore de Sicile, rappelant l’opinion des Crétois sur la question, « eux [les Crétois] disent que les Phéniciens n’inventèrent pas, à l’origine, les lettres, mais qu’ils changèrent la forme des signes ». Il semble toutefois évident de dire que les Phéniciens jouèrent un rôle décisif dans l’histoire de l’alphabet, même si leur rôle effectif reste controversé. L’objet de ce bref essai est de mettre en lumière l’apport décisif attribué à cette peuplade sémitique de la côte méditerranéenne, à ce qui reste une des principales inventions de l’humanité : l’alphabet.



Qui étaient les Phéniciens ?

La Phénicie n’existe pas à proprement parler. On entend généralement par ce terme une région côtière s’étendant de Akko (Acre, Israël), au sud, jusqu’au delà d’Ugarit (Ras Shamra, Syrie), au nord. Les Phéniciens, dont le nom grec (phénix) signifierait le « peuple des palmiers », sont des Sémites apparentés aux Cananéens. Peuple venu vraisemblablement d’Arabie via la Mésopotamie, il s’est installé sur la côte méditerranéenne dès le IIIème millénaire.

Carrefour de civilisations

Ils sont soumis très tôt à de multiples influences : celle de l’Égypte, sensible à Byblos dès l’Ancien Empire et très forte au milieu du IIème millénaire, celle des Sémites de Mésopotamie (Araméens, Babyloniens), celle des États asiatiques du Nord (Hourrites, Mitanniens, Hittites) et enfin celle des peuples de la mer Égée (Crétois, Mycéniens). Pendant le IIème millénaire, Ugarit a été la seule grande cité indépendante phénicienne tandis que ses consœurs faisaient l’objet de la convoitise des Égyptiens et des Hittites, la mer étant dominée par les peuples grecs. Ses rois ont entretenu une abondante correspondance diplomatique, notamment avec l’Égyptien Aménophis IV (Akhenaton), le Babylonien Soupilouliouma et le Hittite Hattousil III.

L’apogée

Lorsque les grands empires orientaux commencèrent à tomber en décadence, menacés par les invasions des Peuples de la mer (les Philistins, qui donneront leur nom aux Palestiniens), les cités indépendantes phéniciennes prospérèrent et ce malgré la destruction d’Ugarit vers 1200 avant notre ère. L’apogée est comprise entre le Xème et le VIIIème siècle; la Phénicie comprenait alors trois groupes de villes, celui d’Arwad-Simrya (Syrie) au nord, celui de Byblos (Jbeil, Liban) - Bérytos (Beyrouth) Sidon (Saïda, Liban) au centre et celui de Tyr (Sour, Liban) au sud. Sous l’autorité de dynasties locales et en l’absence de péril extérieur, les métropoles se combattaient entre elles; c’est l’époque de la splendeur de Tyr et de Sidon, qui entretenaient des relations étroites avec leurs voisins.

La société phénicienne

Avant d’être des navigateurs et des commerçants, les Phéniciens furent des paysans soigneux et d’habiles artisans. Leur science de l’agriculture se transmit jusqu’aux Romains qui traduisirent leurs traités. L’exploitation des forêts fut la ressource principale et l’exportation de bois de cèdre, dura fort longtemps. Les artisans brodaient des étoffes magnifiques et étaient réputés pour la qualité de leur teinture pourpre. Commerçant avec les royaumes araméens de Syrie (Hama, Damas), les Phéniciens se tournèrent très tôt vers la mer. Avec une belle audace, ils firent le tour de la Méditerranée et fondèrent de nombreuses colonies dont la plus célèbre fut Carthage (814 av. J.-C.).

La fin de la civilisation phénicienne

Les Assyriens détruisirent ce fragile équilibre et asservirent les cités phéniciennes qui payaient tribu dès le VIIème siècle. En 678, Sidon est détruite et Tyr plusieurs fois assiégée. La Phénicie est ensuite disputée entre les Babyloniens de Nabuchodonosor et les Égyptiens, avant de devenir une satrapie de l’empire perse. Finalement, en 332, Alexandre le Grand s’emparait de Tyr, et depuis cette date, l’histoire phénicienne se confondait avec celle du monde hellénistique.

JCLDB © Avril 1999

Le site du mois //

… à découvrir sur le très beau site « Typographie & Civilisation »
http://www.typographie.org/trajan/phenicie/t_scoop.html

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