le mensuel des Lettres et des Symboles

Numéro 18 - Juin 2004

N°17

N°19


Ami, vous qui êtes de passage…
 
Vous êtes convié à venir visiter régulièrement notre site.
 
Vous y trouverez tous les mois de nouveaux articles sur le thème de « l’Écrit », des réflexions artistiques, des poèmes, des calligraphies et des images graphiques…

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Éditorial


Mais à quoi ça sert ?

Si vous faites partie des heureux élus qui vous demandez à quoi « Sasser » ?

Initiés que vous avez été par un nouveau ver, un ver de terre évidemment, de la planète WEB ! Il ne sera pas inutile de vous connecter, si vous le pouvez encore… sur notre édito du mois de février 2004, intitulé « Faut-il pasteuriser Microsoft ? » (voir la lettre de Thot No14), sauf si bien sûr, vous désirez ardemment vous mettre au ver !

Pour une réussite, ce fut quand même une belle réussite… puisque c’est la société Microsoft elle-même qui avait signalé l’erreur dans son système d’exploitation et par la même la faille qui servit à infiltrer une bonne partie du parc mondiale des ordinateurs PC connectés sur la Toile. Alors si vous en êtes encore à vous demander à qui profite le crime, vous pouvez faire comme une grande partie des propriétaires d’ordinateurs infectés ce mois ci, qui ont été obligés pour pouvoir faire redémarrer leur ordinateur d’appeler tout simplement la Hotline de Microsoft, … au coût de 15 centimes d’euros la minute.

Cherchez l’erreur !

Thot – La « Boutique de Thot » No2.

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Écritures – Le sens du devoir

Enseigner aux peuples encore dans « l’enfance » pour les élever jusqu’à notre « civilisation » : cette mission n’est pas qu’un prétexte à la conquête coloniale.

Elle en est un des ressorts.

Elle anime aussi bien les laïcs que les missionnaires ou les médecins.

Albert Schweitzer (1875 – 1965)
Voir aussi : http://www.schweitzer.org/

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L’Autoportrait,
calligraphie de l’Ego



« Chacun de nous, sa vie durant ne cesse de s’étonner d’être précisément celui qu’il est. Le drame de l’unicité est inépuisable et insoluble.»
Cioran

Écriture de l’ego, l’autoportrait, peint, dessiné, sculpté, photographié, capte l’attention de l’artiste, tel un jeu de miroir reflété à l’extrême de sa folie, sans concession, jusqu’au tréfond du Soi.

Narcisse se mirant, non pas dans l’eau de la Nature, mais bien plutôt dans la nature de l’Eau, telle une calligraphie de l’âme, l’autoportrait porte en lui, toujours, la souffrance du plus puissant de l’intime, la révélation secrète de l’alphabet de l’être. L’appel de la peinture comme l’appel de la forêt excite douloureusement le regard de l’artiste. Cryptogramme intérieur, tuf de l’esprit, l’autoportrait, de Rembrandt à Bacon, de Zeuxis à Basquiat, considère que le spectateur s’insère volontairement, invité qu’il est, à l’épicentre du tableau, dont le peintre, l’artiste, auteur mystérieux et sujet du motif, l’accepte avec la déférence due à son rang, beaucoup plus qu’un regardeur comme eut dit Duchamp, mais en réalité comme un voyeur.

Un voyeur ou mieux encore un voleur, celui du feu de l’esprit, de l’essence de l’âme. Autopsie d’un suicide, mise à vif sans complaisance, authentique tauromachie du désir de la démonstration, perversité de l’artiste d’assumer jusqu’au bout la folie de ses plaies, de l’huile sur le feu plus que de l’huile sur la toile, jusqu’à sa mise à mort. Alors… le Minotaure, artiste à tête de taureau, telle une bête dans l’arène, par la chorégraphie de son être, attend le jugement définitif et dernier, d’un public exalté, pas toujours sensible, pas toujours compréhensif au dépeçage exprimé dans l’habitude de la totale impudeur.

C’est par ce jeu de masques, comme dans un bain révélateur, par la toile peinte, la matière formée ou les sels d’argent interposés, que se joue la re-connaissance de l’artiste, bien au-delà de la postérité, un acte magique s’accomplit ainsi, dans le silence de l’ego, incompréhensible au regard du vulgaire, mais dont l’auteur nu connaît, lui, la légitimité de son action, car elle est vérité, signe, sens, symbole et alphabet.

Thierry E Garnier - La Lettre de Thot No18 © - Juin 2004
En illustration : Marcel Duchamp (1887-1968), Marcel Duchamp autour d’une table, 1917, Photomontage. Et portrait de Francis Bacon- Catalogue de l’exposition.

DADA, le journal qui tue !

 

Un autoportrait c’est une métamorphose.
L’autoportrait d’un artiste affirme toujours : « Moi, je suis ce que je suis » ; et il ajoute : « Je suis cette œuvre ». L’identité essentielle, c’est celle là. Celle de l’œuvre. Pour des siècles.
Pascal Bonafoux, commissaire de l’exposition Moi ! Autoportraits du 20e siècle.

A l’occasion de l’exposition « Moi ! Autoportraits du 20e siècle », le journal DADA la première revue d’art, (que l’on peut lire de 6 à 106 ans) pour son 100e numéro, ... en 4 chapitres et une galerie, nous propose une formidable publication sur le thème de l’autoportrait.

Cette exposition au Musée du Luxembourg, revue et revisitée par la Revue des années 90, à qui nous souhaitons encore longue vie, nous gratifie là, grâce à son savoir-faire exemplaire, d’un exemplaire hors série kitsch à souhait, un exemplaire à lire et à faire, puisqu’il se lie dans tous les sens…

Comme toujours avec DADA, c’est un feu d’artifice graphique, chromatique et typographique, un numéro à lire à l’endroit comme à l’envers, une réussite superbe d’ingéniosité, de talent, de mise en page. Un exemplaire collector à ne rater sous aucun prétexte.

" Dada, c'est un mot d'enfant, c'est une passion, c'est un mouvement d'art novateur et bousculeur d'idées reçues et notre revue joue sur ces trois tableaux ».
Alexandre Faure et Héliane Bernard

Dada c’est le journal qui tue !
… Qui tue les préjugés, qui tue l’élitisme confit des postures embourgeoisées, qui sort des sentiers battus par les faiseurs d’art plastifiés de certitudes convenues pour s’intéresser aux faiseurs d’or, ces artistes, ces poètes aux mains pleines de doute.

« Je doute quand je vois un artiste qui ne doute pas. » nous dit César.

Aussi, foin de la sacralisation de l’art, acceptons l’art pour ce qu’il est, c’est-à-dire un acte d’amour, glorieux, alchimique et sacré, au-delà de toutes les convenances établies. C’est ce que fait DADA.
Dada, le journal qui tue. Tout simplement !

TEG - Graphos © 2004 – la LdT No 18.

A lire aussi …

A lire aussi, dans un autre style, le numéro du « Dossier de l’Art » consacré au même sujet, l’autoportrait au XXe siècle.

Inspirée par le modèle historique de la célèbre collection d’autoportraits des ducs de Toscane conservée à Florence, l’exposition présentée au musée du Luxembourg se propose de relever un audacieux défi : prolonger la collection des Offices au XXe siècle. Renouant avec son passé de musée des artistes vivants, le Luxembourg accueille ainsi plus de cent cinquante autoportraits d’artistes du XXe siècle connus ou moins connus. L’exposition s’accompagne de la publication d’un magnifique ouvrage sur l’autoportrait au XXe siècle aux éditions Diane de Selliers.

Dossier de l’Art

En illustration : La revue DADA, Dossier de l’Art et la Couverture du catalogue de l’exposition MOI ! Autoportraits du XXe siècle. 31 mars – 25 juillet 2004.

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Emmanuel Spaeth
alias Zeshadok


Comme vous avez pu le constater ce mois-ci, le site de THOT vous accueille maintenant avec une animation Flash conçue de main de maître par Emmanuel Spaeth alias Zeshadok. Enseignant, calligraphe et infographiste, responsable de diverses activités sur le Web, celui-ci a bien voulu répondre à nos questions pour « la Lettre de Thot ». On peut le voir, la relève pour le devenir de la calligraphie française semble assurée et passe par ce genre de contributions et d’initiatives, nous le pensons fortement. La vitalité d’un art se mesure parfois à la passion qu’il déchaîne mais aussi, nous voulons l’affirmer, à la complicité qu’il engendre.
Que ce petit préambule soit un encouragement à tous les calligraphes des nouvelles générations montantes à considérer qu’ils sont et seront accueillis dignement par leurs aînés, nous y contribuerons, ce qui n’a pas toujours été le cas par le passé. Longue vie à la calligraphie française donc.

« Encouragement ». Voilà un mot lancé, qui pourrait bien être un mot d’ordre.

Graphos ©

Graphos : Pourquoi ce choix de la calligraphie latine comme mode d’expression ?

Zeshadok : J’ai toujours été et je reste passionné par toutes les calligraphies. D’ailleurs, c’est dans cet esprit que je co-administre  «  Calligraphies : le forum de toutes les écritures ». De la calligraphie arabe à la gestuelle abstraite, de l’enluminure à la calligraphie chinoise, comme sur le forum, tout me passionne et m’intéresse et surtout, rien n’est cloisonné.

Aujourd'hui, la calligraphie en occident est pour moi une forme d'expression picturale au même titre que le dessin ou la sculpture… Seulement c’est dans cet art plutôt qu’un autre que je me retrouve : à la fois synonyme de calme, de sérénité ou de contrôle, la calligraphie se mue au gré de mes humeurs et devient spontanée, arythmique ou incontrôlable.

La calligraphie latine, miroir de notre culture, me permet en fait d’ajouter le sens des mots à l’équilibre de la création. Je m’approprie le ductus en même temps que les lettres s’approprient mes idées. Ainsi, la forme rejoint le fond et la calligraphie illustre le texte… tout comme il arrive que ce soit le texte qui vienne s’adapter à la calligraphie.

Graphos : Quel lien faites-vous entre calligraphie et informatique ?

Zeshadok : Même si je n’utilise que rarement l’ordinateur pour retoucher mes calligraphies, c’est un parcours particulier qui m’a porté de la calligraphie vers l’informatique et me renvoie aujourd’hui de l’informatique vers la calligraphie.

L’informatique m’est très vite apparue comme une voie royale pour partager ma passion avec un public très diversifié. C’est ainsi que j’ai fondé «  l’atelier de calligraphie ». Peut-être parce que je suis enseignant, mon site a été pensé dès le départ comme un espace de découverte ludique et d’apprentissage libre pour un public de toutes origines, de tous âges et de tous niveaux. La technologie flash a rendu l’atelier plus interactif et animé que les sites classiques. En proposant des ateliers à réaliser soi-même pour créer étape par étape des œuvres calligraphiques latines, j’ai avant tout voulu restituer l’émerveillement que j’avais moi-même connu lors de la découverte de cet art qui mêle si bien l’image au texte, les formes aux couleurs et les techniques aux matières.

L’aspect pédagogique de « L’atelier de calligraphie » réside aussi dans « l’histoire de l’écriture racontée par les Shadoks ». 

La partie « techniques et matériel » ; la partie « ressources » qui propose des ductus, des fonts, des bibliographies et des liens utiles ; et même quelques jeux amusants comme celui d’écrire avec un calame en direct sur l’écran de son ordinateur ! Les ateliers s’ajoutent au fur et à mesure de mes créations et le site reste ainsi en perpétuelle évolution !

Mais cela ne suffisait pas…

J’ai alors pris en charge le « cercle des calligraphies », sur le concept des « rings » anglais. Une bannière du cercle est présente sur chacun des sites membres et permet aux internautes de passer d’un site à un autre. C’est une coopération entre nos sites qui permet aussi de faire des connaissances… Face au géant « Calligraphy Ring » anglais, nous sommes actuellement le seul cercle de calligraphie latine francophone sur internet.

Grâce au cercle, j’ai connu Pierre-Etienne Jay de www.calligrafia.net et Michel d’Anastasio de www.script-design.com. Nous avons tous les trois formé la base du forum « Calligraphies » cité plus haut.

Le forum est sans doute un stade essentiel dans l’accomplissement de ma volonté à vouloir partager mes connaissances et mon amour de la calligraphie dans une optique chaleureuse et accessible. Les gens viennent sur le forum, consultent le calendrier, visitent la galerie, parcourent les rubriques, posent des questions ou répondent à celles qui sont posées. Plus qu’un espace de ressources, c’est un espace d’échanges qui s’est créé.

Au fur et à mesure que la fréquentation de mon site augmente, je suis de plus en plus contacté pour réaliser des commandes ou intervenir lors de stages. C’est ainsi que depuis quelques temps, l’informatique me renvoie vers les activités calligraphiques. La boucle est bouclée !

Graphos : Quels sont vos projets actuellement, vers quoi vous dirigez-vous ?

Zeshadok : Concernant ma pratique, je continue d’explorer le mélange des techniques et des styles (encres, peintures, drawing-gum, javel, collages, tampons …) pour créer des œuvres qui alimentent mon site « l’atelier de calligraphie ».
Je m’intéresse de plus en plus au signe abstrait lui-même, délaissant peut-être le texte pour m’approcher du trait. L’équilibre, l’harmonie des formes et des couleurs, les contrastes et les textures m’attirent…

Professionnellement parlant, je tâche d’allier au mieux mes activités d’enseignement avec la calligraphie et l’informatique. Je vais animer un stage de calligraphie d’une semaine cette été en Vendée ainsi qu’un week-end calligraphie à la Toussaint sur Metz. Je vais aussi réaliser divers travaux liés à la conception de site web ou d’animations flash pour des particuliers et des associations dans les mois à venir.

La LdT No 18 – Juin 2004 – interview Zeshadok ©

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Un trésor littéraire enterré à Jemelle


Il s'agit d'un manuscrit de Paul Nizan, prix Interallié en 1938.

A elle seule, cette histoire mériterait un livre. Elle se passe en 1940. Paul Nizan, prix Interallié en 1938 avec son livre La Conspiration est aussi illustre en son temps que les Malraux et autres Sartre, il décède alors qu'il combat au sein d'une unité britannique en tant qu'agent de liaison.

Un soldat anglais, membre de cette unité, récupère le précieux manuscrit qui constituerait la suite de La Conspiration et l'emporte avec lui. Fait prisonnier, ce soldat atterrit dans le camp de transit de Jemelle. Sachant que le thème du livre, à savoir la lutte antifasciste dans le cadre de la guerre d'Espagne, voue celui-ci à une destruction certaine s'il tombe entre les mains des Allemands, le soldat anglais l'enterre dans une toile militaire, à un mètre de profondeur. Un plan griffonné par l'Anglais indique l'emplacement du trésor. « Selon mes renseignements, le manuscrit pourrait avoir résisté au temps et pourrait être dans un bon état de conservation », ajoute Pierre-Frédéric Charpentier, membre d'un groupe dévoué à la mémoire de l'écrivain français. Lesquels sont venus, ce week-end, en repérage à Jemelle. De là à dire que des fouilles pourraient débuter... Car depuis lors, le terrain a subi de profondes mutations, avec la construction de nombreuses maisons. De ce fait, les parcelles appartiennent toutes à des propriétaires privés qui, le cas échéant, devront donner l'autorisation pour d'éventuelles fouilles. « Sans compter que la réalisation des fondations de ces maisons a pu détruire l'ouvrage. » De sorte qu'à ce jour, parler de fouilles est somme tout prématuré. Quelles que seront leurs démarches, ces hôtes hexagonaux ont reçu le total soutien du bourgmestre François Bellot (Rochefort). Il en va, en effet, d'un trésor littéraire, selon les initiés.

R. P. © La Dernière Heure 2004
selon: http://www.dh.be/index.phtml?content=http://www.dh.be/dhinfos/article.phtml?id=94253
Communication de Martin Frenette sur l’Agora des Bibliophiles. http://pages.infinit.net/mflibra1/agoram.htm

PAUL NIZAN

Ecrivain français
Né à Tours le 07 février 1905
Décédé à Dunkerque le 23 mai 1940

« J'avais vingt ans.
Je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie.»

SA BIOGRAPHIE

Fils d'un ingénieur ferroviaire, Paul Nizan entre en 1917 au lycée Henri IV à Paris. Il se lie d'amitié avec le jeune Jean-Paul Sartre avec qui il fera ses études en khâgne au lycée Louis-le-Grand, avant d'intégrer l'Ecole Normale Supérieure. Il fait ensuite un séjour d'un an à Aden en tant que précepteur. Communiste convaincu, il publie en 1930 'Aden Arabie', qui lui vaut un succès critique important. Professeur de philosophie à Bourg-en-Bresse, il est le candidat communiste de l'Ain aux élections législatives de 1932. Ses ouvrages suivants, 'Les chiens de garde', 'Antoine Bloyé' et 'Le cheval de Troie' critiquent avec virulence la philosophie idéaliste et les nantis de toutes sortes. Il passe un an en URSS et accueille les sympathisants comme Aragon ou Malraux, lequel deviendra un ami proche. Il écrit régulièrement dans plusieurs journaux : L'Humanité, La commune, Le Monde, Russie d'aujourd'hui. Mobilisé en 1939, il démissionne du Parti lorsqu'il apprend la signature du pacte germano-soviétique. Il trouve la mort dans l'offensive allemande contre Dunkerque.

Sur : http://www.evene.fr/celebre/fiche.php?id_auteur=586

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