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Numéro 6 - Juin 2003
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Sommaire
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« Lorsqu’ils veulent indiquer un cœur, ils peignent un ibis, animal qui est consacré à Mercure, le régulateur du cœur et de la raison, car l’ibis par lui-même est en grande partie semblable à un cœur. » Les aspects initiatiques et cosmiques annoncés en ce printemps efflorescent furent intenses et pour ainsi dire palpables. Au septième jour (7) de mai (5), passé la Nouvelle Lune, la conjonction heptannuelle (7) entre Thot et Rà dura cinq (5) heures. Et en ce (mercredi) (7) mai (5) donc, jour traditionnellement dévolu au Messager des Dieux, cette conjonction soli-mercurielle fut suivie d’une éclipse de Lune qui légitima à peu de frais l’épuration des matras. Cette captation ésotérique des éléments éthériques permit à ceux qui surent l’apprécier, en cette veillée de Vaisakh, de prendre en filature les recherches hermétiques affectées au scribe-cynocéphale. (a) Et plane au firmament l’Aigle de Lune au-dessus du Sanctuaire. Délivrant par-dessus l’Espace et bien au-delà du Temps, son message d’abondance. Comme un pont entre deux rives, un lien ténu et pourtant si mémoriel. Une image d’antan ou un pacte sacré, en quelque sorte le rire d’un enfant s’énamourant d’Esprit solaire. Epi d’Or consacré à la mode des Initiés d’Occident. Echo essoufflé de nos consciences incertaines retrouvant l’Arcadie de Bergers bien silencieux. Rires et sourires encore. Flûte de Pan, libations accoutumées entre luxe, calme et volupté. Les Bergers d’Arcadie.
Juin 2003 ©
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Circle of Good Will // www.good-will.ch |
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Ainsi était annoncé par Merlin à Uther Pendragon, la venue du Roi Arthur. Sa racine « Art » signifie « Ours », évoquant un royaume du froid hyperboréen. A partir de ce jour là, où apparut un signe dans le ciel, Uther prit le nom de Pendragon, « Tête de dragon » qu'il choisit pour emblème. Le Royaume du milieu = 5 = Pen. - (Dans le carré de Saturne : 10 chiffre sacré + 5. chiffre du centre = 15 chiffre du démon représenté par le dragon ... Entre Uther Pendragon et Arthur, feu et froid trouvent leurs complémentarités. De ce centre... puisque tous les centres d’apparences territoriales conduisent à un centre suprême du pouvoir, du supérieur, du monde, voir de 1’univers ... la terre d'Uther et d'Arthur, possède donc un axe d'équilibre qui y conduit. Cet axe du monde qui passe par le centre du Royaume et en commande la fonction, est représenté par l'épée Excalibur qui traverse la Terre du Soi, que gardent en dernier ressort, les Dames du Lac du Lac (dans le contexte des traditions de la création) au fond de l’élément liquide primordial. Sorti d'une enclume (minerai de la terre) Arthur, après l'échec de son royaume et de sa Chevalerie, blessé à mort par Mordred, fera jeter l’épée Excalibur au fond d’un lac, pour que les Dames du Lac la reprennent. Avant de poursuivre sur la Table Ronde, il est nécessaire en quelques lignes de rappeler qui est Arthur, et d'où vient ce nom. En dehors de sa racine étymologique "art", il faut dépasser les clivages anthropologiques pour se convaincre que ce nom mythique remonte à des traditions millénaires et à des situations oubliées. Nous savons qu'après plusieurs périodes de glaciation de notre planète, sous le réchauffement de certaines régions en même temps qu'une nouvelle faune mieux adaptée dans les massifs rocheux et forestiers, un animal impressionnant, l'ours, toujours dénommé, art, par les peuples nordiques fait son apparition. Un véritable rapport de force s'instaure entre l'animal le plus fort, "l'ours" et le chasseur du néolithique. Son aptitude à se dresser; sa puissance et ce qu'il représente dans le paysage saisonnier, attira le respect des peuplades qui lui attribuèrent un culte particulier. On a retrouvé dans la grotte "Chauvet" en Ardèche un crâne d'ours déposé volontairement sur une sorte de piédestal naturel. Son apparition au printemps engendra l'observation des saisons et la persistance du temps. S'ensuivit la notion de richesse, de fécondité puis d’éternité. Avec le déroulement régulier des saisons, cet équilibre servit d'union et de régénération aboutissant à une fête qui lui était consacrée. D'adversaire redoutable, l'ours devint le symbole de l'âme des ancêtres des tribus qui s'étaient mesurées à lui. Ces manifestations précèdent celles de la déesse celtique Brigit liée à ce culte archaïque de l'ours qui marquait, dans la préhistoire, le passage du temps comme une horloge bio-cosmique. Tels furent les premiers repères et les directions de notre société avide de temps et d'espace autant que de spiritualité avec le ciel. Avec l'antiquité, l'ours finira positionné par les dieux dans la voûte céleste. Toujours dans l'esprit d'un centre hyperboréen, l'axe de la terre pointe vers Delta de la petite Ourse, le Chariot d'Arthur, traîné par sept boeufs (Septentrion). Et le pôle ne l’oublions pas est le point où pénètrent les forces cosmiques du soleil dans notre terre. L’étoile "Arthus" est proche de ce point du ciel qui est fixe et marque le nord, (l'étoile polaire). Artus, Artour, Arthus, atteste bien une persistance d'une tradition de souveraineté et de continuité qui remonte à la nuit des temps. Une première monarchie de la tribu des purs qui découvrait la primordialité d'une fonction d'équilibre entre les biens de la terre et l'aspiration du sacré. A travers la mort d'Arthur, du moins dans notre monde, le troisième millénaire et la tradition des ours, la Légende Arthurienne, ne prend-elle pas aussi une dimension cosmique comme le laisse présager la Table Ronde. Restaurée par Merlin pour la quête du Graal et la postérité ainsi promise pour le royaume, la Table Ronde sera restituée après quelque temps d'oubli. Le jeune Arthur retrouvera la légitimité par la célèbre mise à l'épreuve consistant à retirer l'épée fichée à sa gaine minérale. Endormie en quelque sorte dans la matière, une mise à l'abri dans la pierre ou un métal, représentée par une enclume. Après une période de conflits que devra surmonter le Roi face à ses vassaux rebelles, la Table Ronde où siège le fleuron de la Chevalerie, fut transportée sur les conseils de l'astucieux Merlin, de Tintagel où fût conçu Arthur, d'Ygern et Uther Pendragon, au château du Roi Arthur à Camelot, (Camaa-loth), sa capitale dirions-nous aujourd'hui. Le Royaume d'Arthur préconise dans son ambition, une société parfaite, réminiscence d'un Age d'or oublié? Elle tente, pour affronter le monde, de réunir le traditionalisme des individus aux abstractions relationnelles et métaphysiques des espaces. La Chevalerie d'Arthur, la première au monde, sera au contact de la création, de la morale et du Divin, en oubliant que la royauté, même supérieure, est d'abord elle-même déjà un mythe. On sait ce qu'il en adviendra avec la fin de la Chevalerie, la mort d'Arthur, sa dormition pour les Gallois, l'épée magique Excalibur reprise par la Dame du lac pendant son sommeil et sa guérison en Avalon sous la surveillance de la fée Morgane. Malgré, sa prédestination fatale, on entrevoit aisément, après Wace et son roman de Brut et les premiers romans purement Arthuriens de Chrétien de Troyes, ce que deviendra cette "Table Ronde" elle-même entourée de multiples symboles. La Légende, remaniée par des écrivains romanesques du Xlle au XlVe siècle, et l'audiovisuel de nos jours, la voit livrer à diverses implications qui tentent de se l'approprier. Pourtant à cause de sa forme: "Eternel recommencement", elle s'intègre parfaitement dans le règne cyclique d'Arthur. Il est dit que la Table Ronde, comme le monde, "Tournoie". Elle se présente à nous comme un Zodiaque à l'échelle humaine, où chaque chevalier a sa place stellaire et cosmique. Elle se comporte différemment suivant les personnalités complémentaires entre elles comme un cercle de planètes, d'étoiles ou de signes destiné à marquer dans leurs agissements, l'unité et l'ordre aussi bien sur "Terre" que dans le "Ciel". La quête du Saint Graal où vont s'élancer les Chevaliers de la Table Ronde, ces guerriers, véritables héros de l'absolu, à la recherche du merveilleux et mystérieux objet, est faite pour nous le rappeler. Dans sa corrélation avec la "Rose", la Table Ronde dans le dépassement permanent des forces vitales et des prouesses chevalières, permet la transcendance de l'action salvatrice dans le désir de s'épanouir pour la recherche du Graal. La Table Ronde Arthurienne (et Graalienne tout à la fois dans sa démarche), participe à trois tables : la rectangulaire; une seconde, carrée, losangée ou plus exactement hexagonale; enfin la troisième table, ronde avec son cercle. Georges A. D. Martin – texte inédit / Arcadia © Juin 2003. |
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Le 6 mars 1932, les lecteurs ariégeois de « La Dépêche » étaient intrigués par un article de D. Lamothe au titre accrocheur : « Est-ce une nouvelle ruée vers l’or ? » Sous la conduite d’un allemand une troupe de « Polaires » se livrent à des fouilles dans la région de Massat. (1) On peut dater de cette époque l’engouement extraordinaire du grand public pour le pays cathare et pour Montségur en particulier, symbole de la résistance des Parfaits, contre l’envahisseur français. Il fallut, en effet, près d’une année à l’armée du bon roi saint Louis, à Hugues des Arcis et aux inquisiteurs dominicains pour venir à bout le 16 mars 1244, de deux cent quinze cathares, qui assuraient la défense du lieu. S’il est un secret bien gardé et ce, depuis plus de sept cents ans, c’est bien celui de Montségur. Enigmatique château de ces Pyrénées ariégeoises perché entre ceps et nuages, sur un « pog », vaste plateau calcaire entouré de falaises abruptes de plus de cent mètres de haut. Nous avons reçu au mois de septembre dernier, de monsieur Daniel Campergue (2), un ouvrage d’une rare érudition que nous qualifierons -d’exceptionnel- et nous pesons nos mots, puisque le secret de Montségur y est dévoilé, parfaitement, rien de moins. Ce document qui se présente sous la forme d’un tapuscrit de 143 pages (3) nous propose une étude à nulle autre pareille, encore jamais formulée de cette manière. Ce travail de chercheur passionné, éblouissant de connaissances scientifiques, de connaissances mathématiques et physiques, mais aussi astronomiques et architecturales, nous propose de le suivre dans sa démonstration, accompagné qu’il fut lui-même par un aréopage d’exception, de scientifiques et de spécialistes en tout genre, qui vinrent tour à tour l’épauler de tout leur savoir, dans ses études, pour confirmer et vérifier sa thèse. (4) Ce qui fait de cette étude non seulement un document incontournable pour tout chercheur s’intéressant à Montségur, mais encore un chef d’œuvre, nous le pensons.
Nous avons donc le plaisir, aujourd’hui, d’évoquer cet ouvrage, le solstice d’été approchant (5) en ce mois de juin - tout initié se devant d’avoir vu au moins une fois dans sa vie ce phénomène solaire s’activer à Montségur. Ce jour là, précisément, dans le donjon du château, le premier rayon de soleil à l’horizon vient transpercer et traverser les archères avec une précision millimétrique. (6) Toute la thèse de Daniel Campergue repose sur l’étude du phénomène solaire à cette heure-ci de l’année, qui lui permet à travers des calculs particulièrement savants, incontournables, d’apporter la preuve scientifique que le château de Montségur a bien été construit selon une orientation solaire cardinale prédéterminée, parfaite et rigoureuse, que connaissaient les bâtisseurs d’alors. Le point fort de l’exceptionnel travail de monsieur Daniel Campergue est d’avoir réussi à connecter et à superposer dans son étude, le plan masse du château de Montségur avec le graphique d’une carte à Rumbs (7). Ces modèles de cartes, les premières répertoriées datent de 1300 (8), elles servaient jadis à la navigation, ce sont les fameux portulans. Cette étude permet de retrouver non seulement tous les axes majeurs parfaitement orientés par rapport au château, mais aussi tous les angles de 11,25 ° représentatifs de la carte à Rumbs. Devant un travail aussi important, après tout la solution est tellement simple qu’il suffisait de l’énoncer, et aussi fondamental, on s’étonne du peu d’intérêt que suscite cette découverte majeure pour l’histoire de Montségur, auprès des médiévistes, des archéologues, des astronomes, (il est somme toute curieux que l’application d’une carte à Rumbs dont la fonction était l’orientation en mer, ait pu servir à l’édification d’un château…), des chercheurs et des amoureux du pays cathare.
Nous ne pouvons que regretter cependant, et cela ne plaide pas en faveur de l’auteur, du peu de considération faite au lecteur, profane ou averti, devant les démonstrations arithmétiques, algorithmiques, astronomiques et autres…, qui ajoutées à un nombre impressionnant de graphiques, tableaux, schémas et statistiques, constituent près de quatre vingt quinze pour cent du document proposé et qui empêchent toute lecture quelle qu’elle soit. Il n’est certes pas à la portée du premier venu de pouvoir décoder, sans broncher, les polynômes de Tchebycheff, (eh oui il y a aussi des « initiés » chez les mathématiciens !) ou l’application de la formule permettant le « calcul du temps sidéral et du temps moyen à Montségur. » En réalité plus qu’un regret que nous exprimons, c’est une faute que nous constatons. Et finalement on comprend mieux pourquoi cette étude si importante est en train de passer inaperçue aux yeux de tous. (9) Reste heureusement, un dessin simple, très simple, suffisant, que nous présentons, ici et maintenant, aux lecteurs de « la Lettre de Thot », explicite en soi et c’est bien là l’essentiel. Une exceptionnelle démonstration mathématique et graphique qui perce à jour, tel un rayon de soleil levant au solstice d’été, le Secret de Montségur, écho figé dans les cendres de nos mémoires, chant sacré des gentils bonshommes, au moment où s’envolent à l’horizon des terres ancestrales un ultime vol de gerfauts. Mais chut ! Il n’y a rien de cathare ici … Pas même un château… Il y a un secret pourtant, le Secret de Montségur, révélé par monsieur Daniel Campergue. Les Bergers d’Arcadie © « La lettre de Thot » No 6, juin 2003. DR. (1) Christian Bernadac,
Le Mystère Otto Rahn, FE ed. 1978. |
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Le Crocodile et son Cours scientifique Or, c'est bien cette entreprise spécifiquement ahrimanienne qui est le fond de l'intrigue du « Crocodile » et lui-même en fait le récit dans son Cours scientifique, morceau capital du livre, où l'on voit ce génie du mal se livrer aux parisiens avec complaisance. Certes, il faut le lire cum grano salis ; d'ailleurs l'auteur a soin d'avertir 1' « Ami lecteur » qu'il va être soumis à une épreuve du genre de celle que le Sphinx par ses énigmes posait à Œdipe, sur le chemin de la destinée : «
Ce qu'il (le crocodile) dit là est ou un mensonge ou un grand
mystère... » Nous voilà donc prévenus que le Crocodile, en faisant étalage de son passé (qui n'est autre que l'origine de la matière et la formation de ce qu'on appelait du temps de Saint-Martin le « système du monde »), va laisser échapper des vérités de première grandeur, bien que falsifiées, et que seuls s'y retrouveront ceux qui seront capables de les reconnaître au passage, tout en les recoupant par les faits scientifiquement contrôlés. Rien de mieux pour indiquer dans quel esprit ce cours doit être entendu. Malgré la forme badine qu'il revêt, cet appel à la faculté de discerner entre le vrai et le faux, préalablement brouillés, résonne comme l'écho des avertissements solennels adressés au candidat avant l'épreuve pour qu'il découvre le diamant de vérité dans la poignée des pierres fausses. Cet appel, on le retrouve dans le livre chaque fois que l'auteur va dévoiler une parcelle de l'enseignement ésotérique qu'il veut transmettre. Les sciences mutilées Voici par exemple le Crocodile décrivant la députation des Sciences, qui, à l’aube des temps modernes (disons au tournant des XIVe-XVe siècles), vinrent se présenter à lui, tout équipées, pour franchir son seuil. Elles avaient beau prendre la suite des Arts libéraux, le nouveau mode de pensée leur imposait ce pacte avec Ahriman-Crocodile. Voyons les malheureuses abandonner l'une après l'autre leur essence spirituelle, leur principe divin. Elles n'entreront que mutilées dans le champ des connaissances modernes ; elles ne mettront plus les hommes en rapport avec la vérité totale, mais avec des « brisures », des faits tronqués ou artificiels. Le Crocodile leur laissera l'écorce et prendra la graine. Il arrache à chaque science son âme et son esprit pour ne lui laisser que ce qui pourra servir l'œuvre de matérialisation des connaissances. Le lecteur retire de cette scène une bonne leçon de discernement pour ce qui constitue l'essence véritable des sciences et des arts, leur rôle, leur histoire, et ce qu'il en reste dans nos Facultés. A l'ère d'Ahriman, la Physique, perdant le pourquoi, ne s'occupera plus que du comment. La Chimie ne pourra plus décomposer ou recomposer qu'en apparence. L'Astronomie gardera le tracé extérieur des astres, mais perdra le pivot central du système. La Botanique pourra encore classer les caractères extérieurs des plantes mais non plus leurs éléments constituants. La Médecine ne soignera plus avec des substances pures mais au moyen de produits de remplacement. La Musique se voit imposer des restrictions mystérieuses sur ses rapports avec le son véritable pour ne garder qu'un caractère descriptif. Devant la Grammaire, le Crocodile fait un aveu d'une humilité surprenante : « Le vrai secret qui la concerne... appartient à un autre souverain que moi... » ; et ce même pouvoir du Logos auquel il est ainsi fait allusion donne à la Poésie toute licence pour puiser ses modèles « dans les archives de la Grammaire ». La Peinture, pourra décrire tout ce qu'elle voudra, mais n'entrera pas dans la Vie pure de la couleur et il en sera de même pour la Musique à l'égard du son. Finalement à l'Histoire sera laissé « le jeu des marionnettes », mais elle ne devra rien dire des fils « qui les font mouvoir », car ces fils, le Crocodile s'en réserve la manœuvre. D’Orient en Occident Vient ensuite dans ce même cours scientifique, une ahurissante histoire du genre humain qui fournit à son tour preuve sur preuve que le Crocodile jusque dans les moindres détails a bel et bien suivi la voie historique de l'influence ahrimanienne. A mesure que cette voie conduit les civilisations de l'Orient vers l'Occident, elle fait passer les hommes de l'emprise luciférienne à celle d'Ahriman. Apprécions des traits d'une étonnante justesse dans cette perspective : les rapports du Crocodile avec l'Asie, notamment avec la Chine et la doctrine de Fo ont une similitude frappante avec ceux que, depuis le début des civilisations post-atlantéennes, Ahriman a pu entretenir avec les pays soumis à l'influence luciférienne. On sait que Fo est le nom chinois du Bouddha. L'usage qu'on fait en Asie de sa doctrine dénote l'attrait luciférien qui détache l'homme de la terre. Le Crocodile se saisit habilement de tout ce qui, sur terre, est ainsi laissé à l'abandon. Toutes les manœuvres auxquelles il déclare se livrer, à la faveur des doctrines de Fo, deviennent claires lorsqu'on y retrouve la ruse d'Ahriman préparant son règne. « Ahriman et Lucifer collaborent toujours, mais ils n'ont pas ensemble la haute main sur la conscience des hommes. Ce fut une' culture fortement luciférienne que celle qui régna en Chine au cours du troisième millénaire précédant l'ère chrétienne. Il en surgit toutes sortes d'influences dont l'action se prolongea jusque dans les premiers siècles chrétiens et même en certains cas jusqu'à notre époque ». — « Mais, poursuit Rudolf Steiner, depuis qu'Ahriman est au premier plan, ce qui se prépare, c'est son incarnation au cours du troisième millénaire après J.-C. Si bien, que les traces des actions de Lucifer s'effacent maintenant devant les préparatifs d'Ahriman pour son intervention à venir. On pourrait dire qu'Ahriman a conclu avec Lucifer un traité... » (1). De quel genre est ce traité, - on l'a vu plus haut. On peut se demander avec surprise quelle intuition a porté Saint-Martin à découvrir cette collusion de Fo et du Crocodile, alors qu'elle exige préalablement de discerner entre les deux principes du mal dans l'évolution. Qu'est-ce qui a pu lui inspirer de faire dire au Crocodile : « Ma première excursion fut à la Chine. Je sus qu'un grand génie avait communiqué aux hommes de cette contrée de magnifiques connaissances. Je me proposai d'aller en recouvrir quelques portions... » (p. 65) On ne peut que constater qu'il a su mettre en place avec une parfaite lucidité les relations entre Lucifer et Ahriman en dirigeant la première excursion du Crocodile vers la Chine pour qu'il en rapporte les idées qui lui servent ensuite comme une « monnaie d'échange », ainsi qu'il le dit, pour son truquage des Vérités et son troc des âmes. Simone Rihouët-Coroze – Triades N1, Printemps 1962. (1) Incarnation de Lucifer et d'Ahriman. Mss. privé.
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