le mensuel des Lettres et des Symboles

Numéro 37 - Janvier 2006

N°36

N°38


Ami, vous qui êtes de passage…
 
Vous êtes convié à venir visiter régulièrement notre site.
 
Vous y trouverez tous les mois de nouveaux articles sur le thème de « la Tradition », des articles inédits, des poèmes, des études historiques, des manuscrits et des symboles graphiques…  

 

Sommaire



Pour un Édito
en forme de carte de vœux


Toi le passant qui passe par ici… en cette journée de janvier.

Reçois tout d’abord nos félicitations de cœur afin de remercier le hasard qui t’a convié jusqu’à nous…. Nos sentiments les meilleurs d’année nouvelle, de pain béni, d’encouragements à rassembler les éléments épars, de courses effrénées à conquérir pour ces douze mois à venir la toison d’or, les runes cristallines et les pétales de roses.

Tu trouveras alentours un site gratuit qui t’incite à la lecture, à la critique, à l’autre regard des choses… A l’envers du décor, à l’enluminure des êtres et au décor des lettres. Un site pas banal, à visiter comme l’on visiterait une arrière-cour de pavillon de banlieue dans les environs d’Auvers-sur-Oise un soir d’hiver à la lumière d’une chandelle somnolente à demi éteinte mais pourtant joyeuse d’apporter encore quelques bienfaits à son serviteur. Un site à compulser comme une ordonnance mal écrite. Un site à miroiter, à partager entre amis, comme un gâteau des Rois.

Ici, pas d’accès aux membres, pas de clé, pas de mots de passe, pour accéder à notre site, pas de zone réservée, pas de territoire de chasse, gardée ou pas, pas de pub ! Non ! Rien à gagner, ni voyages aux Seychelles, ni Lamborghini rutilante. Pas de jeu de hasard, rien de tout cela… (Un site 100% sans pub, vous en connaissez beaucoup ? ... ça c’est curieux.) – non, suspect.

Rien à vendre hormis nos frontières de rêves.

Chaque mois un pop up créé pour la bonne cause. Une cause juste et saine qui n’a rien à vendre, mais tout à donner – Comme un cadavre exquis de Prévert tu surfes, tu coupes et tu colles, tu pilles et tu t’appropries l’air du temps, un air à deux airs qui te montre que la couleur des choses est bien plus importante que l’eau dormante ou un coffre-fort en Suisse.

Le temps passe inexorablement et l’homme du torrent charrie à lui tout seul la visitation des profondeurs infiniment poétiques de toutes nos destinées rassemblées et unies pour la même présomption. Nous entamons ce mois-ci, notre quatrième année sur le Web, notre huitième année d’édition, et l’année qui s’ouvre verra s’amorcer nos dix ans de stages chez Graphos, ce qui en fait une des toutes premières associations de calligraphie latine en France.

Pour fêter ça, nous recevrons cette année, entre autres, le calligraphe arabe Hassan Massoudy, qui n’est plus à présenter.

Aujourd’hui notre réussite passe par votre fidélité.

Vous êtes plus de 550 abonnés à « la Lettre de Thot » en pays francophones à recevoir chaque mois notre mail-list, et une centaine en moyenne, de par la monde, y compris des contrées les plus reculées, à se connecter quotidiennement sur nos pages !

Aussi merci !...à tous ceux qui nous lisent et échangent avec nous, cela fait partie de nos élans, et nous sommes heureux de continuer dans la voie tracée, en toute simplicité, en toute humilité, un peu plus, un peu mieux, chaque année, car notre aventure est aussi la vôtre…

Un mot encore… cette année 2006 voit, pour tous nos abonnés à la lettre de Thot, l’inauguration en ce 1er janvier, du premier « blog » francophone consacré principalement à la calligraphie latine, mais à bien d’autres choses aussi, sur :

http://leblogdegraphos.net

Ne loupez pas cette innovation !

Tous les jours sur le Blog de Graphos des infos, des dessins, des images, des fausses pubs, des poèmes, des citations, etc. venez nombreux nous soutenir et envoyer vos suggestions… ce Blog est aussi -et surtout- le vôtre !

Que cette année nouvelle vous apporte à tous les sept souhaits de Provence :

- la bonté du pain
- la plénitude de l'oeuf
- la sagesse de l'abeille
- la force du chêne
- la richesse de l'or
- la lumière de la flamme
- et la douceur du miel de lavande.

Le meilleur reste à venir…

La Rédaction – la Lettre de THOT © 1e janvier 2006.

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Mais où se cache
la divinité de l'homme ?


« Une vieille légende hindoue raconte qu'il y eut un temps où tous les hommes étaient des dieux. Mais ils abusèrent tellement de leur divinité que Brahma, le maître des dieux, décida de leur ôter le pouvoir divin et de le cacher à un endroit où il leur serait impossible de le retrouver.

Le grand problème fut donc de lui trouver une cachette.

Lorsque les dieux mineurs furent convoqués à un conseil pour résoudre ce problème, ils proposèrent ceci :

"Enterrons la divinité de l'homme dans la terre."

Mais Brahma répondit : "Non, cela ne suffit pas, car l'homme creusera et la trouvera.".

Alors les dieux répliquèrent : "Dans ce cas, jetons la divinité dans le plus profond des océans."

Mais Brahma répondit à nouveau : "Non, car tôt ou tard, l'homme explorera les profondeurs de tous les océans, et il est certain qu'un jour, il la trouvera et la remontera à la surface."

Alors les dieux mineurs conclurent : "Nous ne savons pas où la cacher car il ne semble pas exister sur terre ou dans la mer d'endroit que l'homme ne puisse atteindre un jour."

Alors Brahma dit : "Voici ce que nous ferons de la divinité de l'homme : nous la cacherons au plus profond de lui-même, car c'est le seul endroit où il ne pensera jamais à chercher."

Depuis ce temps-là, conclut la légende, l'homme a fait le tour de la terre, il a exploré, escaladé, plongé et creusé, à la recherche de quelque chose qui se trouve en lui. »

Club Positif & Eric Butterworth © - Découvre la puissance en toi.

À DÉCOUVRIR !

En ce début d’année 2006,
nous vous proposons de découvrir
ce très beau flash qui retrace
cette légende sur :

http://www.pouvoirillimite.com/swf/legende.htm
( Préalablement mettre le son.)

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La société Angélique

Interview de Patrick Berlier (1)


Arcadia : vous venez de sortir chez Arqa un second tome sur la Société Angélique. Qu’apporte-t-il de nouveau par rapport au précédent ?

Patrick Berlier : le premier volume racontait l’histoire de la Société Angélique, en l’abordant au travers de l’un de ses membres les plus énigmatiques, le prieur chartreux Dom Polycarpe de la Rivière. Ce premier tome marquait déjà, il me faut bien le dire, un grand pas par rapport à tout ce qui avait été publié sur le sujet au préalable, puisqu’il exposait la genèse de cette société secrète et révélait pour la première fois l’identité de celui à qui elle doit son nom : Nicolas de Langes, un mécène lyonnais propriétaire du domaine de l’Angélique, sur la colline de Fourvière, où la société se réunissait. Mes prédécesseurs s’étaient surtout focalisés sur la Société Angélique parisienne du XIXe siècle, et concernant son origine lyonnaise ils se basaient sur un certain paragraphe sibyllin apparaissant dans l’œuvre de Claude-Sosthène Grasset d’Orcet (1). En fait, il faut lire tout Grasset d’Orcet pour comprendre que cet érudit avait fragmenté sa connaissance de la Société Angélique, en disséminant une petite dizaine de paragraphes comparables, mais pas identiques, dans l’ensemble de ses textes. Chacun d’eux apporte une bribe d’information. En m’intéressant à l’histoire de Lyon j’ai retrouvé les sources de Grasset d’Orcet (2), mais j’ai aussi compris que notre érudit avait décelé, plus finement que les historiens, la véritable nature de la Société Angélique.

Le tome II poursuit cette démarche. Pour la Société Angélique, il apporte du nouveau sur deux plans. D’une part il explore plus en détail l’histoire des groupes qui l’ont précédée, en exposant l’organisation, la hiérarchie et les grades des deux grandes sociétés secrètes de la Renaissance : les Gouliards et les Forestiers. Chacune se basait sur des corporations comme les Maçons (architectes), les Écribouilles (clercs), les Esclopins (sabotiers) et surtout les Gilpins (graveurs), d’où est issue la Société qui devait devenir l’Angélique. Une place toute particulière est réservée aux langages secrets de ces sociétés, le grimoire, la Langue des Oiseaux, dont les principes sont appliqués pour décrypter des ouvrages comme le célébrissime Songe de Poliphile, ou le poème adressé par le chanoine Loys Papon à la reine Marguerite de Valois. D’autre part, le tome II explore une piste non ouverte dans le premier volume, celle des grades et rituels observés par la Société Angélique. Enfin, il poursuit la balade dans le vieux Lyon, commencée dans le premier tome, par une flânerie ésotérique dans le quartier Saint-Jean, débouchant sur la découverte d’une autre maison ayant servi pour les réunions de la Société. Et en suivant le sculpteur lyonnais François-Frédéric Lemot, qui devait recréer près de Nantes le tombeau des Bergers d’Arcadie de Poussin, il aborde la ville natale de Jules Verne où une maison ancienne témoigne encore d’une probable « filiale » de la Société Angélique.

Le tome II, c’est aussi comme dans le premier volume une suite d’études littéraires, artistiques ou historiques, tentant de retrouver quelques fragments d’un savoir caché, autant d’énigmes derrière lesquelles la Société Angélique, ou ses membres, n’est jamais bien loin.

Arcadia : vous avez été le premier à publier une biographie de Dom Polycarpe de la Rivière. Avez-vous trouvé de nouvelles informations ?

Patrick Berlier : merci pour le compliment, mais je dois quand même préciser que plusieurs ouvrages antérieurs au mien comportaient déjà au moins une notice biographique sur Dom Polycarpe. Je veux citer en particulier l’historien lyonnais Antoine Vachez, auteur à la fin du XIXe siècle d’une histoire de la chartreuse de Sainte-Croix-en-Jarez. Mais, si je mets de côté cette modestie que l’on me reproche souvent, je dirai que ma biographie de Dom Polycarpe est à ce jour la plus complète et la plus détaillée.

La publication du premier volume de La Société Angélique n’a pas mis un terme à mes recherches. D’ailleurs le tome II comporte quelques nouvelles informations, des pistes à suivre… Je suis bien conscient aussi que ma biographie de Dom Polycarpe possède des lacunes, des zones d’ombre, et que notre prieur a encore bien des secrets à révéler, ne serait-ce que les sources de son exceptionnelle érudition. Suite aux accusations dont il fit l’objet au XIXe siècle, mettant en doute son honnêteté et le traitant de faussaire ou de piètre historien, il a fallu toute la fougue d’un Joseph Hyacinthe Albanès pour le disculper en assénant aux accusateurs la référence de l’une des sources de Dom Polycarpe, preuve matérielle de sa bonne foi. Elle figure dans l’ouvrage d’Albanès Gallia christiana novissima (3). Ceci pour illustrer l’actualité de mes recherches sur Dom Polycarpe de la Rivière !

Arcadia : de plus en plus de chercheurs, actuellement, sont d’accord pour dire que le mystère de Rennes-le-Château ne peut se comprendre que globalement, tant sur le plan de l’histoire que de la géographie, qui elle déborde très largement du Razès. Quel est votre sentiment ?

Patrick Berlier : je partage tout à fait leur avis ! Il y a un bon vieux test de psychologie, qui consiste à réunir 9 points disposés en carré de 3 au moyen d’une seule ligne brisée de 4 segments rectilignes, sans relever le stylo. On ne peut y parvenir que si l’on sort largement de la surface du carré. Ce test permet de savoir si l’on est capable d’élargir son champ de pensée. Je me suis toujours efforcé d’appliquer cette méthode.

Prenons l’exemple du « roi perdu » Dagobert II, qui revient de manière récurrente dans les ouvrages sur Rennes-le-Château. Tous leurs auteurs, dont Gérard de Sède, racontent sa belle aventure et sa rencontre avec saint Wilfrid, dont l’histoire figure dans tous les bons manuels. En allant chercher au-delà du carré bien délimité de l’hagiographie générale, on peut trouver des épisodes très localisés de l’histoire de saint Wilfrid, comme son séjour à Lyon auprès de saint Ennemond, en compagnie d’un « jeune homme de noble race » qui pourrait bien être Dagobert II. Dès lors on fait le lien avec un certain Valdebert de Lupé qu’Ennemond fit venir auprès de lui quelques jours avant sa mort, pour ce qui ressemble à une mission secrète qui ne serait autre que la mise à l’abri du roi perdu. Je raconte en détail cet épisode dans le tome I de mon livre La Société Angélique. Je précise qu’un prêtre pouvait, plus facilement qu’un laïc sans doute, retrouver cette histoire. Ainsi s’élabore un lien ténu entre Rennes-le-Château et la région du Pilat, où ce Valdebert possédait le fief de Lupé. La famille de Lupé fait partie des descendants probables des Mérovingiens, de même que les Roussillon, autre famille bien présente dans le Pilat, ce qu’Antoine Vachez exposait dans l’un de ses premiers écrits. La théorie dite « du Pilat » souffre hélas de la réputation attachée à la personnalité de celui qui l’a présentée en premier.

Il faut aussi s’intéresser, en suivant les petits cailloux semés par le conteur provençal Paul Arène entre les Corbières et la Haute-Provence, à la région de Sisteron et à la cité perdue de Théopolis, comme l’a fait Jules Verne, lequel descend en ligne directe d’une vieille famille du Pilat. Et n’oublions pas tout l’intérêt que les Félibres vouaient à leurs homologues occitans, amitié fraternelle illustrée par la fameuse coupo santo chantée par Mistral, lequel était allé chercher son épouse non point parmi les jolies filles d’Arles ou d’Avignon, mais au pied du Pilat.

(À suivre…)

La Lettre de Thot // Interview de Patrick Berlier // © Janvier 2006

Notes

1 : Autour de lui [Sébastien Gryphe] s’était groupée une pléiade de savants et de littérateurs qui s’intitulait la Société Angélique. Inutile de dire qu’il ne faut pas interpréter ce mot dans le sens séraphique qu’il a pris dans notre langage moderne. Aggelos signifie réellement un messager, un porteur de nouvelles ; la Société Angélique de Gryphe était juste aussi angélique que l’agence Havas. On la nommerait aujourd’hui une agence de correspondance. Extrait de Le premier livre de Rabelais, in la Nouvelle Revue, février 1886 ; cet article fait partie des textes rassemblés sous le titre Œuvres décryptées, tome I, par les éditions E-dite, 2002. Ce paragraphe est cité, plus ou moins intégralement, par Michel Lamy, Dominique Setzepfandt et Jean Markale.

2 : Le père Jésuite Claude Ménestrier, qui évoque l’existence dès le début du XVIe siècle d’une « Académie de l’Angélique », et le bibliographe Henri Baudrier, qui décrit l’atelier de l’imprimeur Gryphe comme étant une « société angélique pour les libres-penseurs ». Le premier amalgame la société de Nicolas de Langes et les groupes qui l’ont précédée (dont « l’Académie » de Fourvière), le second se laisse aller à un trait d’esprit. Tout cela a amené Grasset d’Orcet à considérer la Société Angélique comme une « académie littéraire » fondée par Sébastien Gryphe.

3 : Page 193 de cet ouvrage, dont la Bibliothèque Nationale fournit une version numérisée consultable sur le site Internet http://gallica.bnf.fr.

Le deuxième tome de « La Société Angélique » est paru aux éditions Arqa.

En rubrique > Boutique sur le site de Thot – http://thot-arqa.com

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La malédiction de l'Homme des Glaces


Les restes d'Ötzi, datant de l'âge de bronze, ont été découverts en 1991 dans le Tyrol italien. Depuis, une étrange hécatombe frappe ceux qui approchent le squelette de près : savants, journalistes, montagnards...

Konrad Spindler ne croyait guère à la malédiction. Depuis qu'il avait rejoint l'équipe scientifique chargée d'étudier « l'homme des glaces », la célèbre momie rejetée par la montagne en 1991, dans le Tyrol italien, cet archéologue autrichien de 66 ans balayait la rumeur d'un revers de main. « Un tissu d'âneries, une invention des médias, se plaisait-il à dire, dissimulant mal son agacement. Et après, vous allez dire que je suis le suivant sur la liste, c'est ça ? » Konrad Spindler est mort un an plus tard, exactement, des suites d'une sclérose en plaques. Il devenait ainsi la sixième victime d'une étrange hécatombe qui, depuis quatorze ans, frappe ceux qui ont approché la momie de trop près : savants, journalistes, montagnards amateurs ou expérimentés. Surnaturelle ou pas, la tragédie est une aubaine pour les conteurs de tout poil : le scénario rappelle immanquablement les tribulations de la diabolique momie inca Rascar Capac, dans Les Sept Boules de cristal, treizième opus des aventures de Tintin. Hergé avouait d'ailleurs s'être inspiré des démêlés de la célèbre expédition Carnavon qui, en novembre 1922, découvrit la tombe de Toutankhamon dans la vallée des Rois en Egypte, avant de voir ses membres, lord Carnavon le premier, tomber comme des mouches, victimes du courroux du jeune souverain assassiné.

L'« homme de Similaün », comme l'ont appelé les scientifiques, n'a rien à voir, bien sûr, avec un pharaon ou un roi inca. Mais ce simple quidam de l'âge de bronze, si longtemps abandonné dans l'anonymat des cimes éthérées, pourrait-il avoir été dérangé dans son sommeil éternel, au point de décimer ses plus fidèles disciples, cinquante-trois siècles après sa mort ? Les inconditionnels d'Ötzi, nombreux en Autriche, où l'homme des glaces est devenu une vraie star, au point d'avoir gagné ce sobriquet affectueux, ne peuvent s'empêcher de réprimer un frisson. En 1993, deux ans après la découverte d'Ötzi, le professeur Günther Henn, qui avait de ses propres mains déposé les restes de l'homme préhistorique dans un body-bag, se tue dans un accident de voiture, à l'âge de 64 ans. Il se rendait justement à une conférence consacrée à Ötzi, au cours de laquelle il comptait bien annoncer des « découvertes sensationnelles ». Peu de temps après, le guide qui avait amené Henn sur le lieu du dernier souffle d'Ötzi et ramené l'illustre dépouille mortelle dans la vallée en hélicoptère, Kurt Fritz, 52 ans, est pris dans une avalanche en montagne. Très expérimenté, connaissant la piste sur le bout des doigts, il est le seul de sa cordée à être emporté par la coulée de neige. Puis c'est au tour du journaliste allemand, Rainer Hoelzl, d'être emporté par une tumeur au cerveau. Il avait filmé le retrait d'Ötzi de sa gangue de glace et en avait retiré un documentaire, diffusé dans le monde entier.

Le sinistre décompte reprend en 2004. Helmut Simon, le randonneur qui, avec sa femme Erika, avait découvert le corps des âges farouches, parfaitement conservé, au détour d'un chemin d'altitude, est, à son tour, victime de la malédiction. Agé de 67 ans, l'Allemand, parti seul en montagne lors de vacances en Autriche, disparaît dans le blizzard survenu brutalement sur les pentes de l'Ötztal. Ironie du sort, à quelques lieues de la dernière demeure d'Ötzi. L'équipe de secours mettra huit jours pour découvrir son corps gelé. Et le jeu de quilles continue : une heure à peine après les funérailles du malheureux randonneur, le chef de raid parti à sa recherche succombe à une crise cardiaque aussi soudaine qu'improbable. Dieter Warnecke, 45 ans, était en pleine force de l'âge et avait le coeur solide, assurent des membres de sa famille, inconsolables. Puis viennent les deux dernières victimes : Konrad Spindler, en avril dernier, et, en octobre, Tom Loy. Cet archéologue australien renommé, spécialiste en chimie moléculaire, est retrouvé inanimé à son domicile de Brisbane, dans le Queensland australien. La date du décès remonte à six jours. Suprême ironie, il mettait justement la dernière main à un ouvrage sur la momie du Tyrol, fondée sur une étude ADN de ses vêtements et des rarissimes outils de l'ère chalcolithique. La police, interdite, se hasarde à évoquer « une mort naturelle ou accidentelle, ou les deux ». Loy, âgé de 63 ans, était certes un homme malade, tout comme Spindler. Il souffrait d'une affection du sang depuis douze ans. Là encore, l'imagination reprend le dessus : le mal avait été diagnostiqué peu après sa première rencontre avec Ötzi, en 1993. « Tom ne croyait pas à cette superstition », précise aussitôt sa collègue et amie Gail Robertson. Tom Loy, fasciné par l'objet de son étude, s'était taillé une belle réputation dans la communauté scientifique, en réfutant la théorie initiale du décès accidentel d'Ötzi, à la suite d'un accident de chasse en montagne.

Au cours de ses recherches, l'Australien avait fait une découverte incroyable. La hache trouvée auprès de la dépouille ainsi que ses vêtements étaient maculés de sang. Du sang appartenant à quatre personnes différentes, pour être précis. Ce qui laisserait penser qu'Ötzi, peu avant sa mort, ait pu participer à un combat sans pitié, tuant au moins deux de ses assaillants avant d'être submergé. En témoignent les multiples entailles zébrant mains, poignets et thorax, et surtout la pointe de flèche, découverte tardivement dans le creux de ses reins. Blessé, le fougueux Ötzi se serait consumé d'épuisement, tentant en vain de passer un col à 3 400 m d'altitude. Cette théorie a été reprise dans un documentaire réalisé par la BBC (1).

Pour l'heure, sept cadavres et pas le moindre commencement d'un indice. Les polices autrichienne et italienne sont sur les dents, mais le seul et unique suspect détient un alibi en béton. Blotti dans une pièce réfrigérée à – 6°C, au coeur du musée érigé en son honneur à Bolzano (Italie du nord) en 1998, Ötzi n'a plus bougé un orteil depuis.

(1) Le mystère Ötzi, de Richard Dale et Andrew Bampfield, diffusé le 22 août 2005 sur France 2.

Maurin Picard © Le Figaro – Grands reportages sur :
http://www.lefigaro.fr/grandsreportages/20051124.FIG0010.html?200413



Le site d'Otzi

http://www.museamaaseik.be/

Otzi la momie des glaciers.

Le récit de la découverte et de l’étude du fameux « Otzi » la momie des glaciers découverte en 1991 à plus de trois mille mètres d’altitude dans les Alpes. Qui était-il, que faisait-il a cet endroit, comment est-il mort ? Les polémiques, et les zones d’ombre autour de cette affaire, comme la présence opportune, dans les parages au moment de la découvert du célèbre alpiniste Reinhold Messner… Une histoire passionnante racontée par Françoise Rey, journaliste et alpiniste, auteur notamment de « la nuit du Requin ».

À voir ici.

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Chic Planète


Amis Terriens, Amies Terriennes,
Regardez la boule qui roule sous nos pieds
Comment elle tient, quoiqu'il advienne,
Parce qu'on y tient et qu'on est tous dessus

Chic planète, dansons dessus, oh oh oh
Chic planète, dansons dessus, oh oh oh
Chic planète, dansons dessus, oooooooh

Amis terriens, Amies Terriennes,
Jusqu'à la fin dansons main dans la main
Il y a le bien, il y a la haine,
Mais elle nous tient et on est tous dessus

Oh à des millions d'années lumière
Il n'y a rien de plus beau
Oh nulle part ailleurs dans l'univers
Rien de plus beau que la Terre

Sous la neige ou au soleil...

Chic planète, dansons dessus,
Chic planète, dansons dessus,
Chic planète, dansons dessus,...

Et mettons nous tous nus
Amis terriens, Amies Terriennes,
Regardez la planète sous nos yeux
Elle me convient car c'est la mienne,

Que j'y suis bien et qu'on est tous dessus
Oh à des millions d'années lumière
Il n'y a rien de plus beau
Oh nulle part ailleurs dans l'univers
Rien de plus beau que la Terre

Chic planète, dansons dessus, oh oh oh...

L'Affaire Louis Trio ©
Paroles et Musique: Cleet Boris

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