le mensuel des Lettres et des Symboles

Numéro 24 - Décembre 2004

N°23

N°25


Ami, vous qui êtes de passage…
 
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Vous y trouverez tous les mois de nouveaux articles sur le thème de « la Tradition », des articles inédits, des poèmes, des études historiques, des manuscrits et des symboles graphiques…  

 

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Noël et le mystère
de la naissance du Christ

S’il existe quatre fêtes cardinales :

Noël, Pâques, la fête de saint Jean et celle de saint Michel, ce n’est pas par hasard ou parce qu’il a plu à quelques religieux de les instituer, mais parce qu’elles correspondent chacune à un moment particulièrement significatif dans le cycle de l’année.

Au cours d’une année le soleil passe par quatre points cardinaux : 21 mars, équinoxe de printemps ; 21 juin, solstice d’été ; 21 septembre, équinoxe d’automne ; 21 décembre, solstice d’hiver. Durant ces quatre périodes il se produit dans la nature de grands afflux et circulations d’énergies qui influencent la terre ainsi que tous les êtres qui la peuplent : les plantes, les animaux, les humains…
Le passage d’une saison à l’autre se fait par ces quatre points qui sont comme des nœuds de forces extraordinaires déterminées pour chaque saison. Le déclenchement de ces forces est organisé et réglé par de grands esprits qui ont sous leurs ordres beaucoup d’autres esprits, de moindre grandeur, chargés de la répartition des énergies à la surface de la planète. Car une multitude d’esprits sont attelés à ces travaux. Il ne faut pas penser que tout se produit mécaniquement dans la nature, non, tous les changements sont produits par le travail d’entités qui ont la charge de s’occuper des pierres ou des plantes, ou des animaux, ou des hommes.

C’est donc à ces quatre points, solstices et équinoxes, que sont attachées les quatre fêtes dites cardinales : Noël, Pâques, la Saint-Jean et la Saint-Michel. Au solstice d’hiver préside l’archange Gabriel, à l’équinoxe de printemps l’archange Raphaël, au solstice d’été l’archange Ouriel et à l’équinoxe d’automne l’archange Mikhaël.

Ces quatre fêtes cardinales ont été instaurées par les Initiés afin de rappeler aux humains qu’à ces dates-là le soleil déclenche dans l’univers des forces particulièrement puissantes qu’ils ont la possibilité de puiser et d’utiliser pour leur évolution. S’ils sont conscients, attentifs, s’ils se préparent et se mettent en harmonie avec le cosmos pour recevoir ces effluves, de grandes transformations peuvent se produire en eux.

Donc, le 21 décembre a lieu le solstice d’hiver auquel préside l’archange Gabriel. Quelques jours après, le 25 décembre, c’est la fête de Noël qui célèbre la naissance de Jésus (1). Et une naissance n’est rien d’autre qu’une descente dans la matière, une condensation, une cristallisation, à l’image de l’hiver où tout s’immobilise et se fige.

L’archange Gabriel dirige les forces qui ont la propriété de condenser la matière, c’est pourquoi il préside à la naissance des enfants. Et vous voyez, ce n’est pas par hasard qu’il est mentionné dans les Evangiles que cet archange est apparu à Marie pour lui annoncer la naissance de Jésus, et à Zacharie, mari d’Elisabeth, cousine de Marie, pour lui annoncer celle de son fils Jean qui est devenu plus tard Jean-Baptiste. Lorsque les Initiés veulent matérialiser une idée, un projet, même sans que cette matérialisation corresponde à une naissance spéciale, ils utilisent cette période du solstice d’hiver pour y parvenir, parce qu’il y a alors partout de bonnes conditions pour le faire : c’est l’heure de la naissance de quelque chose sur la terre. Les autres fêtes ont une autre signification : la Saint-Michel correspond à un détachement, Pâques à une résurrection, la Saint-Jean à un embrasement ; seule la fête de Noël est liée à une réalisation sur la terre.

Omraam M Aïvanhov - Noël et le mystère de la naissance du Christ (extrait) Prosveta ed. 1992

(1) Lors des réformes des religions païennes en vigueur, notamment celle consacrée à Mithra, l’empereur romain Constantin connu pour sa conversion suite à sa vision du 28 Octobre de l’an 312, institua le Dimanche comme jour de fête dans tout l’empire romain. La fête de Mithra fixée au solstice d’hiver, le 25 décembre, devint la fête de Noël ; la fête d’Astarté ou Ishtar devint la fête de Pâques ; la fête de Tammuz ou Lucifer devint la fête de la Saint-Jean. Comme on peut aisément le constater ici, la gentille légende symbolique de l’âne, du bœuf et de la crèche … semble bien loin des réalités historiques. (Notons encore que le petit village de Bethléem n’existait pas il y a 2000 ans.) Arcadia.

En illustration : Nativité, Vierge à l’enfant. Monastère d’Arcadie.

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Enfer ou Paradis


Choisissez votre camp,

Enfer ou Paradis …

sur une des plus belles intro du web.

Un site qui aurait pu être un hommage au Dante, par un strasbourgeois de talent, Bruno Wagner, ce jeune web designer né en 1979, spécialiste de l’animation flash, nous en met plein la vue, et les oreilles…

Une véritable fascination, une prouesse technique qui préfigure les possibilités futures des sites internet professionnels de qualité.

A voir donc, pour ceux qui aiment le surf, comme un cadeau de Noël !

«  Nous voici donc maintenant dans l’Empyrée, la demeure même du très haut, dans le ciel qui est pure lumière, lumière intellectuelle pleine d’amour, amour du vrai bien, inondé d’une allégresse qui dépasse toute douceur. »

Dante Alighieri (Florence, 1265 - Ravenne, 1321) - Le Paradis

Thierry E Garnier - la LdT No 24 - décembre 2004
Yayashin © - DR - wag_bruno@yahoo.fr

ACCUEIL du SITE INTERNET :
ENFER : http://www.yayashin.com
PARADIS : http://www.yayashin.com/Paradise/index.htm

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Le secret d'Hervé


Conte Bardique - Prix littéraire 1956 du Collège des Bardes de Bretagne

Il était une fois un jeune garçon qui ne ressemblait en rien à ceux de son âge.

Ses parents vivaient dans un petit domaine, en Bretagne, et s'inquiétaient de le voir toujours seul. Quand les enfants du village voisin jouaient, lui, allait par les champs et les vallons, semblant vivre dans un rêve.

S'il se rendait au bourg pour l'école ou la messe, il se tenait à l'écart. En classe il était très appliqué, le maître était étonné de ses devoirs et lisait à ses camarades les narrations qu'il écrivait avec élégance et poésie.

Un jour, le recteur de la paroisse lui dit :
« Pourquoi ne t'amuses-tu pas comme les autres ? »
Il ne répondit pas.
« Peut-être entends-tu le bon Dieu en toi ? Peut-être feras-tu un prêtre ? »
L'enfant se recueillit :
« Non, je ne serai pas prêtre... »
II partit en gardant en lui son secret.

Il avait le visage régulier et un peu pâle, ses yeux étaient beaux et semblaient voir des choses que les autres ne voyaient pas. Comment aurait-il pu prendre part aux jeux bruyants de ses camarades, il aimait être seul.

Seul ? Il ne l’êtait pas. - Qui lui tenait compagnie ?... Il l'ignorait, mais ce qu'il savait, ce qu'il sentait c'est que toujours quelqu'un était avec lui, quelqu'un dans lui. Cette présence, il ne pouvait la définir. Oh, il ne cherchait pas à lui échapper, à s'en défaire; c'était quelque chose de si précieux... comme un ami qui ne le quittait jamais, un ami comme il ne pouvait y en avoir d'autres.

Parfois il entendait une voix intérieure qui disait :
« Je suis toi... »
puis, sans qu'il cherchât à les composer, des chants délicieux lui venaient aux lèvres — c'était une mélodie sur l'eau claire du ruisseau qui bruissait dans la vallée — des oiseaux qui chantaient leurs nids — le ciel où passaient des nuages blancs comme des cygnes. Il s'écoutait, ravi, et souvent, le soir il sortait sans bruit et marchait sans but pour chanter le clair de lune qui argentait la campagne.

Une nuit il lui sembla que la présence se révélait plus fortement. Il s'arrêta longuement sur le bord du chemin. Combien de temps ? Hervé n'aurait pu le dire car une vision l'absorbait... un cortège arrivait... Des hommes, habillés de longues robes blanches, défilaient maintenant devant lui. Ils marchaient lentement, deux par deux, les bras croisés sur la poitrine. Ils allaient passer...

Mais l'enfant entendit en lui : « viens avec nous » et, comme si quelqu'un l’y poussait, il suivit le silencieux cortège.

Quittant le chemin, ils s'engagèrent dans un terrain recouvert de bruyères. Deux des hommes en robe de lin écartèrent une large dalle ; ils entrèrent tous dans une salle souterraine. Hervé entra comme eux, sans être étonné de se trouver là.

Cette salle, entourée de grosses pierres, était éclairée de trois rayons lumineux (1) qui tombaient de la voûte. Et l'enfant entendit les hommes mystérieux psalmodier la :
PEDENN AR VARZHED
Ro deomp doue da skorr
Hag ez skorr, nerzh
Hag en nerzh, kompren
Hag e kompren, gouzout...
Donne-nous, ô Dieu ton appui
Et avec ton appui, la force
Et avec la force, la compréhension
Et avec la compréhension, la science...

Voici que la présence qui était en lui, chantait par lui et le jeune Hervé achevait, avec l'assistance, la « Prière des Bardes ».
Doué ha peb madelezh !
Alors, le Grand Druide de ce Gorsedd étrange le tint devant lui et commença de l'initier. L'enfant, émerveillé, ne désirait qu'à s'instruire davantage. Il demanda :
« Pourquoi, chantes-tu le nombre de dix ? Dis-le moi que je l'apprenne. »
Le Druide - Dix vaisseaux pleins d'ennemis ont été vus venant de Naoned (2). Malheur à vous, hommes de Vennes (3) ! »
L'enfant - « Chante-moi le nombre onze que je l'apprenne. »
Le Druide - Onze druides viennent de Vennes avec leurs robes ensanglantées et des béquilles de coudrier ; de trois cents il n'en reste que onze.

L'enfant apprenait ainsi le grand passé... le grand passé auquel il survivait, qu'il continuait. Le Druide qui, lui, voyait la présence, prit sa main qu'il tint entre, les siennes et son regard le pénétra profondément. A ce moment, il sentit une brûlure sur son front ; c'étaient les trois rayons qui pénétraient son esprit; il se vit revêtu d'une tunique de lin, puis, le Grand Druide lui dit :
« Quel est ton nom ? »
- Hervé.
- Pour nous, désormais, tu seras Ossian (4) Barde, tu reviendras à notre Collège. Ossian est en toi : - tu es en lui - II est né deux fois, il est mort - Tu es tel qu'il était. Un barde ne doit pas craindre la mort ; le milieu de la nuit est le commencement du jour.

Il lui remit une harpe et une branche de gui que le jeune initié serra sur son cœur.

Quelle ne fut pas l'inquiétude des parents d'Hervé, le matin, en constatant que l'enfant n'était pas dans sa chambre, que son lit n'était pas défait. Ils le cherchèrent dans la campagne, leurs appels restaient sans réponse. Ils le retrouvèrent cependant, endormi sur la bruyère, une branche de gui dans les bras, une harpe posée à côté de lui. Ne pouvant l'éveiller ils le transportèrent chez eux où il resta plongé dans un sommeil profond jusqu'au lendemain.

Enfin, il ouvrit les yeux. - La nuit mystérieuse lui revint à la mémoire. Sortait-il d'un rêve ?... La harpe et le gui étaient là, sur son lit... et il se souvint...

Alors, le nouvel Ossian prit sa harpe et chanta de si jolies choses, que ses parents l'écoutaient, extasiés.

Très souvent, il chantait sa Bretagne aimée, les ajoncs, la mer... et, de très loin, les gens du pays accouraient pour l'entendre.

Yvonne Lanco - « Barzhez ar Gerveur ». Mars 1956.
La sorcellerie à Belle-isle-en-mer- Debresse ed. 1958

(1) Les trois rayons de lumière de la religion druidique.
(2) Naoned : Nantes.
(3) Vennes : Vannes.
(4) Ossian : Barde écossais du IIIe siècle.

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L’Eglise Primitive
« Les mystères chrétiens primitifs  » (3)

Rappelons-nous cette phrase du maître :
« ne jetez point de perles aux pourceaux… ».

Cette phrase nous invite à soulever le voile afin d’appréhender les textes chrétiens sous leur aspect le plus caché.

Ainsi existe-t-il plusieurs appréhensions possibles de ces textes, des plus moraux aux plus sacrés.

Aussi plusieurs niveaux de lectures sont possibles qui mettent alternativement en évidence :
- Une dimension morale
- Une dimension sociale
- Une dimension spirituelle

Il n’est donc pas étonnant que, Clément d’Alexandrie, faisant référence aux anciens mystères déclare : 
« aujourd’hui encore, je crains comme il est dit de jeter les perles devant les pourceaux, de peur qu’ils ne les foulent aux pieds et se tournant nous déchirent… car il est difficile de parler de la vraie lumière en termes tout à fait clairs et limpides, à des auditeurs mal préparés… »

(Clément d’Alexandrie - stromates. Liv.I chap.XII).

Une idée fausse, laisserait à penser que le Christianisme ne posséderait pas d’enseignements secrets. Que tout a été dit dans les textes, et que toutes les écritures peuvent s’enseigner ainsi au plus grand nombre, qu’elles sont facilement accessibles par leur simplicité, donc en un mot : abordables par tous.

Il est vrai que même si le message peut se résumer par « aimez vous les uns, les autres », il n’en demeure pas moins que, comme toutes les grandes religions, le Christianisme a possédé à la fois un enseignement exotérique et un enseignement ésotérique ou « caché » comme le mentionnent d’ailleurs plusieurs Pères de l’Eglise.

L’ésotérisme désigne des enseignements réservés à ceux capables de dépasser la connaissance partielle offerte par les différentes philosophies ou traditions. L’exotérisme peut être considéré comme le premier pas vers cette connaissance. Pour certaines personnes les deux peuvent être complémentaires. Peut être pour certains, est-il nécessaire de passer par l’Eglise de Pierre ou église extérieure avant d’approfondir par la suite les données de la Tradition, par le processus initiatique de l’Eglise de Jean ou église intérieure. Cependant il est bien connu que l’interprétation par les hommes des écritures demeure perfectible. Ajoutons aussi que la plupart des responsables des églises officielles ont toujours rejeté ce point fondamental et affirme que l’ésotérisme chrétien n’existe pas.

Pourtant le christianisme a connu bien dès ces débuts une transmission ne pouvant être donnée qu’à des disciples possédant de hautes valeurs morales, et ceci de façon discrète

Cet enseignement devait rester secret, transmis seulement sous le voile de l’initiation, de maîtres à disciples, à tout candidat qui en était jugé digne. Alors s’ouvrait à lui la connaissance des petits puis des grands mystères. Les pères de l’Eglise insistent bien sur la nécessité de chemin vers la perfection et de marches à gravir par paliers.

Rien dans les écrits ne pouvait nous parvenir que sous forme d’allusions ou par le biais de symboles. La gnose, elle, étant préservée au sein des cercles initiatiques par transmission orale :
«  Je dis mes mystères à ceux qui sont dignes de mes mystères »
(Evangile de Thomas.62)

Jean Iozia © pour la LdT No 24 – article inédit (à suivre)

En illustration :
Le suaire de Turin – Infographie Teg.

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