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Numéro 11 - Novembre 2003
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| Ami, vous qui êtes de passage… Vous êtes convié à venir visiter régulièrement notre site. Vous y trouverez tous les mois de nouveaux articles sur le thème de « la Tradition », des articles inédits, des poèmes, des études historiques, des manuscrits et des symboles graphiques… |
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Sommaire
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CONCORDANCE HARMONIQUE » Chers amis, Chers abonnés, Samedi soir, dans la nuit du samedi
8 au dimanche 9 novembre 2003, va se produire une
Cet évènement majeur (3) sera porteur d’une vibration d’une
exceptionnelle densité et Dans le monde entier, cette manifestation
attendue par tous et étudiée
en 1998, sous le L’ascension énergétique prévue,
procurera à la
Planète tout entière un regain de vitalité Une configuration astrologique d’exception ! La configuration planétaire de cette PLEINE LUNE étant
tout à fait
exceptionnelle, il Il est intéressant de la mettre en parallèle
avec la fameuse éclipse
du 11 août 1999 qui a L’Eclipse d’août 1999 s’est produite dans un contexte planétaire très drastique. De dangereuses dissonances planétaires dans la croix fixe, signes
de la Manifestation sur Ainsi
Il a pu tisser au travers de toutes ces âmes de bonne volonté un
puissant et solide Cette structure d’accueil des ENERGIES COSMO-TELLURIQUES est aujourd’hui Ceux qui se sont engagés dans leur travail d’Alchimie intérieure voici quelques années en sont les fils lumineux transmetteurs. La PLEINE LUNE du 9 novembre
2003 à 2h14 (heure de Paris) brillera
dans le Elle initialise un tournant
de l’Evolution Planétaire et marque
une nouvelle étape Des opportunités énergétiques exceptionnelles
vont être
offertes aux travailleurs de Le temps est venu de récolter
ce qui a été semé et
d’entrer dans une nouvelle phase Cette lunaison est un temps particulier
pour tout les êtres, groupes, Sages,
Initiés, Dans le thème astrologique de cette PLEINE LUNE : Les 2 triangles, d’Eau et de Terre,
qui forment les pointes de ce magnifique sceau de • Un triangle d’eau avec
le SOLEIL, MARS et SATURNE : une configuration
très • Un triangle de terre avec une LUNE
exaltée en Taureau, très épanouie
par Ces 2 triangles favorisent ainsi une
alliance particulièrement
harmonieuse des principes Une porte énergétique Cette « porte énergétique » mettant
en présence
ce triangle d’Eau et ce triangle de Terre, Ce passage à une dimension cosmique hors norme est une chance
unique à saisir, Nous ajouterons en guise de conclusion
que l’éclipse totale de Soleil
(6) du 11 août 1999 Dominique Strouc - Astrologue / La Source
Bleue Sites internet à consulter : (1) Terminologie usitée en astrologie. |
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| Toutes ces « Paroles de Maître Philippe », le célèbre thaumaturge de Lyon, sont absolument inédites et ont été pieusement recueillies par sa fille, Mme Victoire Lalande, elles ont été publiées pour la première fois par la revue trimestrielle « La Voix Solaire » dans le Numéro 4, du mois de décembre 1961. « Tous les préceptes se résolvent en un seul : Nul n'entrera au Ciel qu'au jour où rien ne lui coûtera. Tant qu'un acte à accomplir pourra lui coûter quelque peine, il ne sera pas prêt. » « II est à remarquer que la nature a toujours mis le remède à côté du mal : la plante qui doit guérir est au voisinage de l'endroit où peut naître la maladie ou l'accident; les plantes qui poussent sur les rochers escarpés sont propres à guérir chutes et contusions. » « Lorsque JÉSUS parlait à ses disciples, il leur dit : « Je parle ainsi pour que vous ne me compreniez pas. » JÉSUS n'a pas tout dit à ses disciples, et ils ne comprenaient pas sa parole entièrement. Toutefois, les Evangiles se sont transmis avec des modifications peu importantes, sans que le sens en soit altéré. DIEU ne l'aurait pas permis. Quand JÉSUS donna à ses disciples le don des langues, alors ils commencèrent à comprendre le sens des paroles de leur Maître, et le sens des signatures naturelles. Ils virent les vertus des plantes et des animaux à travers leurs formes, les enseignements du Maître en partie à travers les mots. Si en effet, tout était révélé à tous, personne ne ferait plus rien, ou plutôt chacun chercherait, et saurait trouver les chemins de traverse pour se sauver quand on aurait besoin de quelqu'un. Ce serait comme à la caserne où l'on se cache pour ne rien faire. » « Le destin est une route que nous suivons tous ; celui qui ne recule pas devant un obstacle lui fait peur, et l'obstacle s'aplanit aussi devant les autres. » « Le Paradis sur terre, c'est la pleine connaissance, avec la puissance; celui-là est au Paradis qui a atteint sa pleine liberté. » « Ce qui fait que DIEU n'entend pas la prière de tous ceux qui prient, ce n'est pas qu'il est loin d'eux, mais c'est qu'ils sont loin de Lui, car II est partout. » « Si vous reculez devant un effort, il vous sera doublement difficile d'avancer. » « Lorsqu'un homme marche, il laisse à droite et à gauche une effluve magnétique, positive d'un côté, négative de l'autre; chacune d'elles se dédouble aussi, attirée qu'elle est par la terre, de sorte que sa trace est marquée sur terre par deux lignes parallèles de fluide contraire. C'est comme cela que le chien, par son flair, sent l'homme et suit sa trace; c'est pour cela qu il va de gauche à droite reconnaître ses traces. » « Les plantes utiles sont,
par ordre de puissance : le serpolet, l'absinthe, le genévrier, le houx (dont on peut tirer un médicament pour la ptôse
stomacale), le gui, (qui peut fournir le meilleur chloroforme anesthésique)
et le muguet. Le houx pourra guérir les congestions aiguës, angines,
raideur des membres, exostoses, c'est un puissant médicament. Le muguet
est un adoucissant. « Ne croyez pas que je sois venu vous apprendre quelque chose de nouveau; tout ce que je dis se trouve écrit dans l'Evangile, mais voilé à dessein. »
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Né au moyen âge, contemporain des livres d’heures richement enluminés et calligraphiés, les premiers Tarots sont peints à la main et sont des œuvres d’art originales et uniques. Le plus ancien Tarot répertorié et conservé, a été conçu par Jacquemin Gringonneur pour le roi Charles VI, peint à Paris en 1392. Il existe également pour cette période, trois superbes jeux incomplets, exécutés en Italie pour la famille Visconti-Sforza. La typographie naissante, et la xylographie vont permettre dès la seconde moitié du XVe siècle, une large diffusion des jeux de cartes. On passe du stade purement artistique, au stade artisanal puis industriel. Les techniques de reproduction évoluent rapidement, les lames de Tarot seront imprimées également en gravure sur plaque de cuivre, en taille-douce et eaux-fortes. Les maîtres cartiers se sont constitués pour leur part en guilde dès 1594. Mais le Tarot de Marseille, est-il marseillais ? En réalité, ce n’est qu’à partir de 1754, que Marseille devient le cœur de la production des jeux de cartes, date à laquelle est aboli le privilège des cartiers avignonnais, ceux-ci dépendant directement du pape. La perte de cette exclusive va faire de Marseille le centre privilégié de cette activité, où de nombreuses fabriques sont créées. Nicolas Conver, conçoit en 1760, son magnifique Tarot, d’une subtilité de couleur encore inégalée. C’est en 1930, que la maison Grimaud le rééditera avec des variables chromatiques notables. Si nous repérons toutefois, avec certitude, les premiers pas du Tarot dans le médiéval, son origine se perd, comme l’on dit, dans la « nuit des temps...» Sacralisé dans l’antiquité, pratiqué selon des rites magiques chez les rois de Justice d’Israël à travers une symbolique du nombre, véhiculé sous le manteau par la tradition tzigane d’Orient en Occident, connu des Templiers eux-mêmes et ramené des croisades, toutes ces hypothèses, loin d’être erronées, ne sont cependant pas confirmées par le scalpel de l’Histoire. Il n’est pas douteux pourtant d’affirmer ici, que le Tarot dans son aspect divinatoire, tel qu’il fut pratiqué au moyen âge, n’a pu surgir ex-nihilo et qu’il possède de toute éternité, l’entière sagesse des arcanes métaphysiques. Valentin Tomberg (1), seul auteur avec Oswald Wirth (2) à avoir donné, sur le plan de la symbolique des lames la quintessence de ce parcours initiatique nous précise que le Tarot est le livre sacré de Thot Hermès, qu’il n’est pas hérité ou transmis de l’Egypte, mais qu’il est « réincarné » de l’Egypte. Tarot, son étymologie est sujette à conjectures multiples et variées. En 1516, en Italie apparaît un jeu nommé « Tarocchi » d’où le nom de Tarot ? Le motif géométrique au verso des jeux de cartes se dit « tarotés ». En égyptien « Ta-Ro », c’est la Voie Royale. « Torah », la loi pour le peuple juif, Le Tarot est bien une Loi, il dicte par Arcanes interposés, les Commandements. C’est la « ROTA », la Roue de Vie, la lame Dix du Tarot, le Dharma des Bouddhistes, la Loi des cycles en action. Bien d’autres jongleries sont possibles. « Orat », en latin, la prière -il prie- « Orat », en langue slave indique le labour, l’agriculture céleste, le Tarot comme perpétuel ensemencement. En égyptien toujours, « Hator », la vache sacrée, parèdre d’Isis, déesse de la fécondité, de la magie et des mystères. « Hathors » les anges gardiens, protecteurs des lames, catalyseurs des énergies. Tarot enfin, le livre des Enigmes et de la Révélation, le livre d’images, Mutus Liber, le livre de « Thot Râ », le messager du soleil. Le Tarot, éternel enseignement, exprime en 22 lames majeures et 56 mineures toutes les passions humaines, reflets insondables de l’inconscient collectif. Expression de la Tradition Primordiale, il nous livre en quelques cartes tout l’amour et la sagesse de l’initié. Mais aussi comme le disait le maître Jacques Breyer (3) « ne demande rien aux Tarots si tu n’est pas comme un miroir devant l’astral, sinon il deviendront des fauves qui se joueront de toi au lieu de te servir ». Thierry E Garnier © 1999 / Arcadia - Le Monde et le Fou, 2 lames du Tarot d’Oswald
Wirth, édition
originale « le Symbolisme » 1926, imprimé en
feuilles non coupées - Le Fou ou Le Mat, 22e arcane du Tarot de Marseille,
non numéroté.
Gravure à la pointe sèche, sur planche annexe encartée
en fin de volume, du Tome I, de l’ouvrage « Le Monde
primitif, analysé et comparé avec le Monde moderne, considéré dans
divers objets concernant l’Histoire, le Blason, les Monnaies, les
Jeux, les Voyages des Phéniciens autour du Monde, les langues américaines,
etc. ou Dissertation mêlées, Tome I, remplies de découvertes
intéressantes, avec une carte, des planches & un monument d’Amérique. » Huitième
livraison. De Court de Gébelin. A Paris, avec approbation et privilège
du Roi. 1781 (1) Il est l’auteur, présenté trop
souvent comme anonyme, de l’ouvrage « Méditations
sur les 22 arcanes majeurs du Tarot de Marseille » Aubier ed.
1980. |
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La troisième Table, est la fameuse Table Ronde du Roi Arthur, symbole matériel et moral de souveraineté universelle. Autour de cette table, en présence du souverain Breton, Arthur, légitimé par la possession de la fameuse épée Excalibur retirée du perron magique s'y réunit, chaque année à la Pentecôte, le meilleur de la Chevalerie des deux Bretagnes lancée dans la "Quête" à la recherche du Graal perdu. Le rituel de la Table, ne pouvait commencer sans qu’une nouvelle étonnante soit apportée ou qu’une aventure ne se produise. A son origine, la Table Ronde possédait douze sièges plus un, qui devait rester vide, tout était de pierre, la Table comme les sièges où était gravé le nom du chevalier autorisé à y prendre place. Parmi les Chevaliers, le plus couramment nommés au côté d’Arthur, on peut citer : Kai, Gauvain, Urien, Bohors, Hector, Perceval, Bedurere, Tristan, Sagremor, Lancelot, Galaad. Dans ce dispositif en cercle autour de la Table Ronde, nous venons de l’évoquer, il y avait une treizième place, place de Judas, dite "Siège périlleux" (ou éjectable !) destiné à éprouver la valeur de tout prétendant voulant conclure la quête par la possession du graal. L'acte lui même de sa possession ne peut être de ce monde. Si le chevalier n’avait pas le mérite d’être pur et sincère, le siège se lézardait et le sol s'ouvrait pour précipiter dans les abîmes de la terre le prétentieux chevalier. Elle perpétue la place d’une trahison à celle, rectangulaire, de la Cène. Seul Galaad aura 1'honneur de pouvoir l'occuper et Perceval de l'essayer un instant, avant d'être l'élu de la quête à la Table Ronde, émanation par le Saint-Esprit, les trois Tables auront trois élus : Jésus, Joseph, Galaad. Le cercle fut initialement composé de douze Chevaliers, mais probablement très vite élargi à l'admission de quarante huit et même davantage, plus d’une centaine pour certains puisque entre autres, le Roi Ban de Bénoïc, père de Lancelot du lac, Bohort de Gaunes, seigneurs en Gaule, et le parricide Mordret (fils de Morgane, incestueux et parricide d'Arthur), en firent partie également. A l’allégorie ou aux multiples symboles que la rotondité de la Table (Comme le Monde!), et le cercle suggèrent, il faut mentionner l'image d’une couronne Solaire, une entité "Féminine" voire sexuelle du cercle et de l’anneau, un postulat à l'opposé du "Masculin", de l’épée, et du Guerrier, qui garde ici à priori plus que jamais ses grandes prérogatives ancestrales avec la Table Ronde de la Quête. Aux allégories de la Table Ronde, se greffe le "Cercle" fidèle des Chevaliers du Royaume d’Arthur, "l’Ordre" militaire indispensable au Roi pour ses entreprises. Une alliance de guerriers et de forces invisibles destinés à fournir l'énergie indispensable au Roi et à son entreprise peu commune. Le Siège Périlleux de pierre de la Table Ronde qui "crie" et se "fend", fait appel à une situation primitive préceltique bien particulière, tout comme, la Lance, l'Epée, ou le Chaudron, qui seront récupérés par la culture Celtique avant d'être Christianisés plus tard. Avec les récits du Légendaire Arthurien et ses nombreuses correspondances symboliques d'un monde presque oublié pour nous, il ne faut pas négliger qu'à la fameuse bataille de Tailta près de Stonehenge, les Tuatha Dé Danann (Le peuple de la Déesse Dana), avaient été vaincus par les Gaëls c'est-à-dire les Celtes. A cette époque, il fut convenu que les Gaëls garderaient la surface de la terre et les Tuatha, le sous-sol de la terre, des lacs, et des tertres, ainsi que les îles lointaines sur la mer ! Dans ce changement brutal de civilisation probablement proche d'une réalité, où 1'ancienne ne disparaîtra pas complètement, un comportement chamaniste et druidique laissera entrevoir des accès entre ces deux mondes, véritables portes magiques sur des au-delà. C’est ainsi que la pierre de Fâl à Tarra, capitale religieuse et symbolique de l'Irlande primitive, servait aux cérémonies d'investiture de Souveraineté. La Pierre devait désigner le nouvel élu, le Roi Suprême, par un cri! …, alors que la Pierre qui se fend s’ouvrait en deux! La recherche d'un « Cor » qui prolonge le "Cri de la Pierre", annonçant cette élection, sera aussi le sujet d'une quête semblable à celle du Graal dans un récit ancien. A la Table Ronde, le cri de la pierre est remplacé par les noms des Chevaliers qui s'inscrivent spontanément dans la pierre de chaque siège. La Pierre qui se fend dans le contexte cérémonial de la Table Ronde, est à l'image d'un vagin de la terre de la Déesse Mère, susceptible de "donner" son approbation à la naissance d'un Chevalier nécessaire à la quête, mais aussi de "reprendre" toute créature, une exigence en cas de non convenance à l'accès de la valeur suprême du Graal. La "Pierre" est donc à considérer, tel le fondement de la Table Ronde, comme le symbole de la "Terre", la Déesse Mère elle même, qui attire ou rejette le prétendant au même titre suprême qu'un Roi, en l'occurrence, les Chevaliers de la Table Ronde, égaux du Roi Arthur dans la Légende. Toute quête du Graal, est aussi une recherche de puissance supérieure. Avec pour objectif le Graal ou le Saint Graal, la Table Ronde du Roi Arthur est destinée à redonner (le Graal retrouvé!), puissance à un Royaume mais aussi une vie à un pays stérile, d’ou une connexion permanente qui apparaît entre les éléments masculins et féminins. La quête accomplie marque certes l’apogée du Royaume, mais le manque de motivation et d’attrait sera finalement le déclin de cette chevalerie "au Masculin", et sa perte. Comme peut être "Féminin" la Table Ronde de pierre ou l'entité Graalienne qui motive cette "Masculine" Chevalerie dans l’action. Les femmes rencontrées dans la quête, sont des manifestations à peine déguisées d’une initiation sexuelle ou dispensatrice à "l’envie" par la femme d'une seconde naissance… Georges A. D. Martin – texte inédit / Arcadia © Novembre 2003. |
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Mais « les coulisses de l'Histoire » ne sont pas seulement peuplées de dragons malfaisants. Là se préfigurent les péripéties de la guerre du Bien et du Mal et les adversaires surhumains s'affrontent face à face avant de s'engager dans la forêt touffue des passions humaines sur plan physique. C'est une préfiguration de ce genre qui est décrite dans un Cycle de conférences que fit Rudolf Steiner vers la fin de sa vie (1). On peut dire de ce Cycle qu'il contient la clé du « Crocodile ». Il se produisit au tournant du XVIIIe et du XIXe siècle, y est-il expliqué, « à un niveau supérieur d'expérience, dans le monde spirituel le plus proche de l'être humain», une condensation de puissantes Imaginations qui purent être contemplées non seulement par des âmes alors non incarnées, mais qui purent aussi inspirer des vivants. « Des lueurs venant des régions de l'univers où se produisaient ces puissantes Imaginations » sont visibles dans certaines œuvres de l'époque et préfigurent l'action que l’intelligence divine allait entreprendre contre les puissances ténébreuses pour rétablir les liens entre cette Intelligence et la Condition des hommes sur la terre. Le conte de Gœthe « Le Serpent vert » en est un exemple, est-il dit. Il ne fait pour nous aucun doute que « Le Crocodile » en est un autre. Nous n'en voulons pour preuve qu'une comparaison des textes à laquelle nous ne pouvons nous livrer ici mais que le lecteur peut lui-même entreprendre, s’il a pour cela le sérieux et l'application nécessaires. Entre le livre de Saint-Martin et le Cycle de Rudolf Steiner, les rapprochements sont saisissants, tant par le fond que par les expressions employées elles-mêmes. Et puisqu'il n'y a pas eu communication matérielle entre leurs auteurs, il faut bien penser à une commune source d'inspiration, - ces mystères suprasensibles dont Saint-Martin eut des « lueurs » et dont Rudolf Steiner retrouva la trace. C'est pourquoi l'étude du « Crocodile » doit être recommandée à ceux qui peuvent la mettre en rapport avec les perspectives historiques de l'anthroposophie. Ils en retireront la conviction profonde que ce qui se passe sur terre est le reflet de ce qui est préparé en esprit. Dans la confusion où se trouvent nos contemporains, - qui ont sans doute absorbé trop de bouillie des livres, - les chercheurs spirituels se demandent parfois si les Instructeurs de l'humanité, qui divergent si souvent dans leurs enseignements, puisent à une seule et même source qui serait la «vraie». Ils s'interrogent : derrière toutes ces contradictions, existe-t-il une «vérité » ? Il faut reconnaître que l'humanité n'est pas encore à l'heure de la commune vision, mais à celle où s'acquièrent d’abord les responsabilités personnelles. Multiples sont les modes de recherche de la vérité, même quand celle-ci est une. Ceci admis, on se trouve d’autant mieux placé pour admirer le cheminement de cette vérité à travers des Instructeurs que séparent les différences de temps et d'espace. Ces rapprochements donnent des preuves remarquables de la conduite spirituelle de l'humanité, conduite sage, comme l'est celle de la nature. Celle-ci n'aboutit-elle pas au type accompli d'une espèce qu'après l'avoir lentement élaboré au cours d'innombrables métamorphoses ? Un plan de sagesse réclame l'enchaînement ininterrompu de préludes anticipateurs et de résonances prolongées. Dans cette perspective, Saint-Martin nous apparaît à la fin du XVIIIe siècle, par sa grandeur et son isolement spirituel, comme le dernier représentant de la sagesse antique, le « dernier des Initiés », dit Rudolf Steiner, et en même temps comme le précurseur de la future Sophia qui va éclairer le champ de la conscience personnelle. Prophète, il l'est par la dernière partie de son œuvre dont se détache en un style singulièrement annonciateur l'étrange « Crocodile ». Simone Rihouët-Coroze – Triades N1, Printemps 1962. (Fin de l’article)
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