le mensuel des Lettres et des Symboles

Numéro 11 - Novembre 2003

N°10

N°12


Ami, vous qui êtes de passage…
 
Vous êtes convié à venir visiter régulièrement notre site.
 
Vous y trouverez tous les mois de nouveaux articles sur le thème de « la Tradition », des articles inédits, des poèmes, des études historiques, des manuscrits et des symboles graphiques…  

 

Sommaire




Édition Spéciale
8 Novembre 2003

«   CONCORDANCE HARMONIQUE »
du 8 / 9 Novembre 2003.

Chers amis, Chers abonnés,

Samedi soir, dans la nuit du samedi 8 au dimanche 9 novembre 2003, va se produire une
configuration planétaire tout à fait exceptionnelle pour l’Histoire de l’Humanité. Cette
configuration verra associée 5 « planètes » (1), Le Soleil, La Lune (2), Jupiter, Mars,
Saturne, ainsi qu’un astéroïde Chiron, qui formeront sous la voûte céleste une étoile de
David, (étoile à 6 branches encore appelée sceau de Salomon).

Cet évènement majeur (3) sera porteur d’une vibration d’une exceptionnelle densité et
apportera à tous les hommes de Désir une clé permettant d’ouvrir les portes de sa
Destinée.

Dans le monde entier, cette manifestation attendue par tous et étudiée en 1998, sous le
nom de « Concordance Harmonique », par le célèbre astrologue John Mirehiel (4),
é clairera les consciences et ouvrira les cœurs de tous les humains, petits ou grands, de
tous les sans grades aussi, sincères et humbles, initiés ou simples cherchants, pourvu
que chacun d’entre eux - chacun d’entre nous - soit préparé en son corps, en son âme
et en son esprit. Des méditations, des rituels, des cérémonies seront organisés ce soir
sur tous les continents, de Guizeh à Stonehenge en passant par l’Amérique du Sud ou le
Tibet. Cette configuration planétaire, jamais égalée de la sorte, nous incite, nous aussi, à
nous aligner étheriquement afin de nous abreuver, à la source, du Soma Eternel.

L’ascension énergétique prévue, procurera à la Planète tout entière un regain de vitalité
nécessaire à sa survie, ouvrant par là même, une voie en phase avec nos réalités
karmiques, conscientes et inconscientes, nous permettant de passer cosmiquement,
collectivement et individuellement, à un niveau vibratoire en correspondance avec notre
évolution transcendantale.

Une configuration astrologique d’exception !

La configuration planétaire de cette PLEINE LUNE étant tout à fait exceptionnelle, il
importe de l’étudier de prés afin de pouvoir en utiliser au mieux les énergies. Comme
toute Pleine Lune ou Nouvelle Lune conjointe à l’axe des noeuds lunaires, elle donne lieu à une éclipse et prend un sens particulier au niveau de la destinée individuelle et collective.

Il est intéressant de la mettre en parallèle avec la fameuse éclipse du 11 août 1999 qui a
fait couler tant d’encre. Elle en est la suite logique au niveau des énergies mises à
disposition de l’Humanité en ces temps de profonde Mutation Planétaire.

L’Eclipse d’août 1999 s’est produite dans un contexte planétaire très drastique.

De dangereuses dissonances planétaires dans la croix fixe, signes de la Manifestation sur
Terre, mettaient l’Humanité en face de ses responsabilités. L’heure était venue de se
rendre compte de l’effet de nos actes dans nos comportements personnels et collectifs et
de rectifier le tir partout où la vie nous invitait à le faire. Un cap était franchi et tout être
en quête de vérité a pu percevoir l’accélération et l’intensité des questions posées dans
nos vies quotidiennes. De ce moment là, l’engagement des travailleurs de Lumière se
devait d’être actif, ferme et déterminé. Tous ont été invités à harmoniser toutes les
positions, croyances et secteurs de vie qui n’étaient pas en harmonie avec les lois
universelles. Pour l’accomplissement de ce nettoyage en profondeur de nos mémoires
anciennes, chacun dans sa vie d’une manière ou d’une autre a invité l’Esprit à l’inspirer, le guérir, le libérer. Partout l’Esprit a été accueilli dans l’appel, la prière ou la méditation.

Ainsi Il a pu tisser au travers de toutes ces âmes de bonne volonté un puissant et solide
réseau subtil d’accueil de ses énergies transmutantes.

Cette structure d’accueil des ENERGIES COSMO-TELLURIQUES est aujourd’hui
restaurée et opérationnelle.

Ceux qui se sont engagés dans leur travail d’Alchimie intérieure voici quelques années en sont les fils lumineux transmetteurs.

La PLEINE LUNE du 9 novembre 2003 à 2h14 (heure de Paris) brillera dans le
ciel comme un portail ouvert pour permettre à d’abondants flux de Lumière de se
déverser dans cette structure.

Elle initialise un tournant de l’Evolution Planétaire et marque une nouvelle étape
de l’utilisation de ces réseaux subtils pour les années à venir.

Des opportunités énergétiques exceptionnelles vont être offertes aux travailleurs de
Lumière pour accueillir avec encore plus d’efficacité et de profondeur ces influx libérateurs.

Le temps est venu de récolter ce qui a été semé et d’entrer dans une nouvelle phase
d’accélération.

Cette lunaison est un temps particulier pour tout les êtres, groupes, Sages, Initiés,
Guides engagés depuis des temps immémoriaux par rapport à l’Ame de la Terre (soleil,
mercure, Nœud Sud conjoints en Scorpion), Ils sont cette nuit là tout particulièrement
invités à émettre des pensées et prières constructives sur Terre et à s’ouvrir pleinement
pour accueillir ces influx lumineux (Lune conjointe au Nœud Nord en Taureau).

Dans le thème astrologique de cette PLEINE LUNE :

Les 2 triangles, d’Eau et de Terre, qui forment les pointes de ce magnifique sceau de
Salomon et de ce très harmonieux Hexagone donnent à cette Pleine Lune une dimension
puissamment fertilisante : le temps des semences et des récoltes est venu, l’effet de nos
pensées et actions vont se manifester dans nos vies de manière encore plus significative.

• Un triangle d’eau avec le SOLEIL, MARS et SATURNE : une configuration très
harmonieuse de 3 planètes du principe masculin évoque le fabuleux pouvoir créateur
de ce que nous émettons : nos pensées, actes et croyances afin œuvrer à la
réparation du corps émotionnel de la terre (signes d’Eau)

• Un triangle de terre avec une LUNE exaltée en Taureau, très épanouie par
JUPITER et CHIRON, le grand guérisseur de l’Ame, donne une grande puissance
constructrice au principe féminin dans son pouvoir de gestation, sa réceptivité et
sa compassion.

Ces 2 triangles favorisent ainsi une alliance particulièrement harmonieuse des principes
féminin et masculin, bases de la Création. Des configurations idéales pour transmuter les énergies de destruction en énergie de construction.

Une porte énergétique 

Cette « porte énergétique » mettant en présence ce triangle d’Eau et ce triangle de Terre,
les Eaux d’en Haut et les Eaux d’en Bas se rejoignant, annoncée depuis l’Aube par toutes les civilisations antiques et chamaniques, d’Orient et d’Occident, est à considérer non seulement comme une « Concordance Harmonique » mais bien aussi, comme une ultime issue à notre parcours tridimensionnel. (5)

Ce passage à une dimension cosmique hors norme est une chance unique à saisir,
maintenant, dans l’Amour et par l’Amour de Notre Dame, et pour sa sainte Gloire.

Nous ajouterons en guise de conclusion que l’éclipse totale de Soleil (6) du 11 août 1999
(11 - 8) se présentait à 18 degrés du Lion - un carré inscrit dans un cercle - et que cette
configuration planétaire accompagnée d’une éclipse de Lune ce 8 novembre prochain ( 8
- 11 ; 18 degrés du Scorpion) - une étoile de David inscrite dans un hexagone - se
retrouve à 90 degrés de l’éclipse du 11 août 1999, ce qui nous permet de mettre en
relation formelle ces deux dates 1999 et 2003, bornes hiératiques d’une architecture
céleste, dont la « Concordance Harmonique » annoncée est bien là (7), comme un appel
au secours, une Lumière dans la Nuit, un cri ultime d’espoir reconduit comme un écho
dans le Brouillard…

Dominique Strouc - Astrologue / La Source Bleue
& Thierry E Garnier - coordinateur du site THOT / Arcadia
© La lettre de Thot - Edition Spéciale / 8 novembre 2003.

Sites internet à consulter :
http://www.Adapa.org
http://ascension2012.free.fr/divers/concordance.htm
http://www.Astrosite.com
http://www.esthercielle.com.

(1) Terminologie usitée en astrologie.
(2) À noter dans le cadre de cette configuration une éclipse totale de Lune.
(3) Une protubérance solaire a été enregistrée le 28 octobre dernier par les ingénieurs de la NASA, de taille et d’amplitude tout à fait anormale, et dont les émissions se sont dirigées vers la Terre à raison de 2000 km / seconde, soit 5 fois la vitesse normale. Elles ont crées bon nombre de perturbations électromagnétiques dans la ionosphère ce même jour.
(4) Cet aspect éminent n’avait pas échappé au Maître de Stuart Fuentes, chaman-guérisseur, qui lui avait signalé la date du 8 novembre 2003, et ce en 1964 !
(5) Dans le cadre de ce présent exposé on s’intéressera avec profit aux travaux de recherches émérites du docteur Brenda Fox, praticien holistique du centre Avalon dans le mont Shasta en Californie. Le docteur Fox a prouvé à partir de tests sanguins effectués sur différents patients que certaines personnes développent actuellement de nouvelles hélices dans leurs codages ADN.
(6) Voir notre article dans la revue Arcadia Numéro Spécial, juillet 2002, p 4.
(7) Par ailleurs nous n’omettrons pas de signaler …le curieux hasard, qui verra également se produire, ce même jour, 8 novembre, mais dans trois années, en 2006, ( … / 888), un alignement planétaire, Soleil, Mercure, Terre dont nous aurons à reparler. (Voir aussi notre article « la lettre de Thot No 6 / Editorial »)

Sommaire



Paroles de Maître Philippe

Toutes ces « Paroles de Maître Philippe », le célèbre thaumaturge de Lyon, sont absolument inédites et ont été pieusement recueillies par sa fille, Mme Victoire Lalande, elles ont été publiées pour la première fois par la revue trimestrielle « La Voix Solaire » dans le Numéro 4, du mois de décembre 1961.

« Tous les préceptes se résolvent en un seul : Nul n'entrera au Ciel qu'au jour où rien ne lui coûtera. Tant qu'un acte à accomplir pourra lui coûter quelque peine, il ne sera pas prêt. »

« II est à remarquer que la nature a toujours mis le remède à côté du mal : la plante qui doit guérir est au voisinage de l'endroit où peut naître la maladie ou l'accident; les plantes qui poussent sur les rochers escarpés sont propres à guérir chutes et contusions. »

« Lorsque JÉSUS parlait à ses disciples, il leur dit : « Je parle ainsi pour que vous ne me compreniez pas. » JÉSUS n'a pas tout dit à ses disciples, et ils ne comprenaient pas sa parole entièrement. Toutefois, les Evangiles se sont transmis avec des modifications peu importantes, sans que le sens en soit altéré. DIEU ne l'aurait pas permis. Quand JÉSUS donna à ses disciples le don des langues, alors ils commencèrent à comprendre le sens des paroles de leur Maître, et le sens des signatures naturelles. Ils virent les vertus des plantes et des animaux à travers leurs formes, les enseignements du Maître en partie à travers les mots. Si en effet, tout était révélé à tous, personne ne ferait plus rien, ou plutôt chacun chercherait, et saurait trouver les chemins de traverse pour se sauver quand on aurait besoin de quelqu'un. Ce serait comme à la caserne où l'on se cache pour ne rien faire. »

« Le destin est une route que nous suivons tous ; celui qui ne recule pas devant un obstacle lui fait peur, et l'obstacle s'aplanit aussi devant les autres. »

« Le Paradis sur terre, c'est la pleine connaissance, avec la puissance; celui-là est au Paradis qui a atteint sa pleine liberté. »

« Ce qui fait que DIEU n'entend pas la prière de tous ceux qui prient, ce n'est pas qu'il est loin d'eux, mais c'est qu'ils sont loin de Lui, car II est partout. »

« Si vous reculez devant un effort, il vous sera doublement difficile d'avancer. »

« Lorsqu'un homme marche, il laisse à droite et à gauche une effluve magnétique, positive d'un côté, négative de l'autre; chacune d'elles se dédouble aussi, attirée qu'elle est par la terre, de sorte que sa trace est marquée sur terre par deux lignes parallèles de fluide contraire. C'est comme cela que le chien, par son flair, sent l'homme et suit sa trace; c'est pour cela qu il va de gauche à droite reconnaître ses traces. »

« Les plantes utiles sont, par ordre de puissance : le serpolet, l'absinthe, le genévrier, le houx (dont on peut tirer un médicament pour la ptôse stomacale), le gui, (qui peut fournir le meilleur chloroforme anesthésique) et le muguet. Le houx pourra guérir les congestions aiguës, angines, raideur des membres, exostoses, c'est un puissant médicament. Le muguet est un adoucissant. 
Pour les autres plantes, il n'y a pas à s'en occuper; le miel en contient les quintessences, le miel peut être employé dans toutes les angines, mais il ne faut pas le décomposer. »

« Ne croyez pas que je sois venu vous apprendre quelque chose de nouveau; tout ce que je dis se trouve écrit dans l'Evangile, mais voilé à dessein. »


La Voix Solaire N° 4 – Décembre 1961 © & la lettre de Thot N° 11.

La photographie de Maître Philippe en illustration provient de l’ouvrage de Philippe Encausse « Le Maître Philippe de Lyon » - Editions Traditionnelles.

Sommaire



Le Livre de THOT


Le livre de Thot ou Tarot de Marseille.

Né au moyen âge, contemporain des livres d’heures richement enluminés et calligraphiés, les premiers Tarots sont peints à la main et sont des œuvres d’art originales et uniques. Le plus ancien Tarot répertorié et conservé, a été conçu par Jacquemin Gringonneur pour le roi Charles VI, peint à Paris en 1392. Il existe également pour cette période, trois superbes jeux incomplets, exécutés en Italie pour la famille Visconti-Sforza. La typographie naissante, et la xylographie vont permettre dès la seconde moitié du XVe siècle, une large diffusion des jeux de cartes. On passe du stade purement artistique, au stade artisanal puis industriel. Les techniques de reproduction évoluent rapidement, les lames de Tarot seront imprimées également en gravure sur plaque de cuivre, en taille-douce et eaux-fortes.

Les maîtres cartiers se sont constitués pour leur part en guilde dès 1594. Mais le Tarot de Marseille, est-il marseillais ? En réalité, ce n’est qu’à partir de 1754, que Marseille devient le cœur de la production des jeux de cartes, date à laquelle est aboli le privilège des cartiers avignonnais, ceux-ci dépendant directement du pape. La perte de cette exclusive va faire de Marseille le centre privilégié de cette activité, où de nombreuses fabriques sont créées. Nicolas Conver, conçoit en 1760, son magnifique Tarot, d’une subtilité de couleur encore inégalée. C’est en 1930, que la maison Grimaud le rééditera avec des variables chromatiques notables. Si nous repérons toutefois, avec certitude, les premiers pas du Tarot dans le médiéval, son origine se perd, comme l’on dit, dans la « nuit des temps...» Sacralisé dans l’antiquité, pratiqué selon des rites magiques chez les rois de Justice d’Israël à travers une symbolique du nombre, véhiculé sous le manteau par la tradition tzigane d’Orient en Occident, connu des Templiers eux-mêmes et ramené des croisades, toutes ces hypothèses, loin d’être erronées, ne sont cependant pas confirmées par le scalpel de l’Histoire. Il n’est pas douteux pourtant d’affirmer ici, que le Tarot dans son aspect divinatoire, tel qu’il fut pratiqué au moyen âge, n’a pu surgir ex-nihilo et qu’il possède de toute éternité, l’entière sagesse des arcanes métaphysiques. Valentin Tomberg (1), seul auteur avec Oswald Wirth (2) à avoir donné, sur le plan de la symbolique des lames la quintessence de ce parcours initiatique nous précise que le Tarot est le livre sacré de Thot Hermès, qu’il n’est pas hérité ou transmis de l’Egypte, mais qu’il est « réincarné » de l’Egypte.

Tarot, son étymologie est sujette à conjectures multiples et variées. En 1516, en Italie apparaît un jeu nommé « Tarocchi » d’où le nom de Tarot ? Le motif géométrique au verso des jeux de cartes se dit « tarotés ». En égyptien « Ta-Ro », c’est la Voie Royale. « Torah », la loi pour le peuple juif, Le Tarot est bien une Loi, il dicte par Arcanes interposés, les Commandements. C’est la « ROTA », la Roue de Vie, la lame Dix du Tarot, le Dharma des Bouddhistes, la Loi des cycles en action. Bien d’autres jongleries sont possibles. « Orat », en latin, la prière -il prie- « Orat », en langue slave indique le labour, l’agriculture céleste, le Tarot comme perpétuel ensemencement. En égyptien toujours, « Hator », la vache sacrée, parèdre d’Isis, déesse de la fécondité, de la magie et des mystères. « Hathors » les anges gardiens, protecteurs des lames, catalyseurs des énergies. Tarot enfin, le livre des Enigmes et de la Révélation, le livre d’images, Mutus Liber, le livre de « Thot Râ », le messager du soleil. Le Tarot, éternel enseignement, exprime en 22 lames majeures et 56 mineures toutes les passions humaines, reflets insondables de l’inconscient collectif. Expression de la Tradition Primordiale, il nous livre en quelques cartes tout l’amour et la sagesse de l’initié. Mais aussi comme le disait le maître Jacques Breyer (3) « ne demande rien aux Tarots si tu n’est pas comme un miroir devant l’astral, sinon il deviendront des fauves qui se joueront de toi au lieu de te servir ».

Thierry E Garnier © 1999 / Arcadia

En illustrations :

- Le Monde et le Fou, 2 lames du Tarot d’Oswald Wirth, édition originale « le Symbolisme » 1926, imprimé en feuilles non coupées
(collection T E Garnier / © Bibliothèque Arcadia. DR )

- Le Fou ou Le Mat, 22e arcane du Tarot de Marseille, non numéroté. Gravure à la pointe sèche, sur planche annexe encartée en fin de volume, du Tome I, de l’ouvrage « Le Monde primitif, analysé et comparé avec le Monde moderne, considéré dans divers objets concernant l’Histoire, le Blason, les Monnaies, les Jeux, les Voyages des Phéniciens autour du Monde, les langues américaines, etc. ou Dissertation mêlées, Tome I, remplies de découvertes intéressantes, avec une carte, des planches & un monument d’Amérique. » Huitième livraison. De Court de Gébelin. A Paris, avec approbation et privilège du Roi. 1781
(collection T E Garnier / © Bibliothèque Arcadia. DR )

(1) Il est l’auteur, présenté trop souvent comme anonyme, de l’ouvrage « Méditations sur les 22 arcanes majeurs du Tarot de Marseille » Aubier ed. 1980.
(2) Une étude circonstanciée reste à faire concernant les diverses interprétations symboliques des tarots de Papus et de Wirth, surtout dans leurs différences, ainsi que la mise en évidence des différentes lames et de leurs concordances avec les lettres hébraïques.
(3) Jacques Breyer (1922-1996) est également l’auteur d’un tarot très particulier, « Le Tarot des grands peintres », utilisable avec un tapis de jeu où se trouvent situés sous forme de roue, les 22 arcanes majeurs.

Sommaire



La symbolique de la table ronde (4)


LA TABLE RONDE

La troisième Table, est la fameuse Table Ronde du Roi Arthur, symbole matériel et moral de souveraineté universelle.

Autour de cette table, en présence du souverain Breton, Arthur, légitimé par la possession de la fameuse épée Excalibur retirée du perron magique s'y réunit, chaque année à la Pentecôte, le meilleur de la Chevalerie des deux Bretagnes lancée dans la "Quête" à la recherche du Graal perdu. Le rituel de la Table, ne pouvait commencer sans qu’une nouvelle étonnante soit apportée ou qu’une aventure ne se produise.

A son origine, la Table Ronde possédait douze sièges plus un, qui devait rester vide, tout était de pierre, la Table comme les sièges où était gravé le nom du chevalier autorisé à y prendre place. Parmi les Chevaliers, le plus couramment nommés au côté d’Arthur, on peut citer : Kai, Gauvain, Urien, Bohors, Hector, Perceval, Bedurere, Tristan, Sagremor, Lancelot, Galaad.

Dans ce dispositif en cercle autour de la Table Ronde, nous venons de l’évoquer, il y avait une treizième place, place de Judas, dite "Siège périlleux" (ou éjectable !) destiné à éprouver la valeur de tout prétendant voulant conclure la quête par la possession du graal.

L'acte lui même de sa possession ne peut être de ce monde. Si le chevalier n’avait pas le mérite d’être pur et sincère, le siège se lézardait et le sol s'ouvrait pour précipiter dans les abîmes de la terre le prétentieux chevalier. Elle perpétue la place d’une trahison à celle, rectangulaire, de la Cène.

Seul Galaad aura 1'honneur de pouvoir l'occuper et Perceval de l'essayer un instant, avant d'être l'élu de la quête à la Table Ronde, émanation par le Saint-Esprit, les trois Tables auront trois élus : Jésus, Joseph, Galaad.

Le cercle fut initialement composé de douze Chevaliers, mais probablement très vite élargi à l'admission de quarante huit et même davantage, plus d’une centaine pour certains puisque entre autres, le Roi Ban de Bénoïc, père de Lancelot du lac, Bohort de Gaunes, seigneurs en Gaule, et le parricide Mordret (fils de Morgane, incestueux et parricide d'Arthur), en firent partie également. A l’allégorie ou aux multiples symboles que la rotondité de la Table (Comme le Monde!), et le cercle suggèrent, il faut mentionner l'image d’une couronne Solaire, une entité "Féminine" voire sexuelle du cercle et de l’anneau, un postulat à l'opposé du "Masculin", de l’épée, et du Guerrier, qui garde ici à priori plus que jamais ses grandes prérogatives ancestrales avec la Table Ronde de la Quête. Aux allégories de la Table Ronde, se greffe le "Cercle" fidèle des Chevaliers du Royaume d’Arthur, "l’Ordre" militaire indispensable au Roi pour ses entreprises. Une alliance de guerriers et de forces invisibles destinés à fournir l'énergie indispensable au Roi et à son entreprise peu commune.

Le Siège Périlleux de pierre de la Table Ronde qui "crie" et se "fend", fait appel à une situation primitive préceltique bien particulière, tout comme, la Lance, l'Epée, ou le Chaudron, qui seront récupérés par la culture Celtique avant d'être Christianisés plus tard.

Avec les récits du Légendaire Arthurien et ses nombreuses correspondances symboliques d'un monde presque oublié pour nous, il ne faut pas négliger qu'à la fameuse bataille de Tailta près de Stonehenge, les Tuatha Dé Danann (Le peuple de la Déesse Dana), avaient été vaincus par les Gaëls c'est-à-dire les Celtes.

A cette époque, il fut convenu que les Gaëls garderaient la surface de la terre et les Tuatha, le sous-sol de la terre, des lacs, et des tertres, ainsi que les îles lointaines sur la mer ! Dans ce changement brutal de civilisation probablement proche d'une réalité, où 1'ancienne ne disparaîtra pas complètement, un comportement chamaniste et druidique laissera entrevoir des accès entre ces deux mondes, véritables portes magiques sur des au-delà.

C’est ainsi que la pierre de Fâl à Tarra, capitale religieuse et symbolique de l'Irlande primitive, servait aux cérémonies d'investiture de Souveraineté. La Pierre devait désigner le nouvel élu, le Roi Suprême, par un cri! …, alors que la Pierre qui se fend s’ouvrait en deux!

La recherche d'un « Cor » qui prolonge le "Cri de la Pierre", annonçant cette élection, sera aussi le sujet d'une quête semblable à celle du Graal dans un récit ancien.

A la Table Ronde, le cri de la pierre est remplacé par les noms des Chevaliers qui s'inscrivent spontanément dans la pierre de chaque siège.

La Pierre qui se fend dans le contexte cérémonial de la Table Ronde, est à l'image d'un vagin de la terre de la Déesse Mère, susceptible de "donner" son approbation à la naissance d'un Chevalier nécessaire à la quête, mais aussi de "reprendre" toute créature, une exigence en cas de non convenance à l'accès de la valeur suprême du Graal.

La "Pierre" est donc à considérer, tel le fondement de la Table Ronde, comme le symbole de la "Terre", la Déesse Mère elle même, qui attire ou rejette le prétendant au même titre suprême qu'un Roi, en l'occurrence, les Chevaliers de la Table Ronde, égaux du Roi Arthur dans la Légende.

Toute quête du Graal, est aussi une recherche de puissance supérieure. Avec pour objectif le Graal ou le Saint Graal, la Table Ronde du Roi Arthur est destinée à redonner (le Graal retrouvé!), puissance à un Royaume mais aussi une vie à un pays stérile, d’ou une connexion permanente qui apparaît entre les éléments masculins et féminins. La quête accomplie marque certes l’apogée du Royaume, mais le manque de motivation et d’attrait sera finalement le déclin de cette chevalerie "au Masculin", et sa perte.

Comme peut être "Féminin" la Table Ronde de pierre ou l'entité Graalienne qui motive cette "Masculine" Chevalerie dans l’action. Les femmes rencontrées dans la quête, sont des manifestations à peine déguisées d’une initiation sexuelle ou dispensatrice à "l’envie" par la femme d'une seconde naissance…

Georges A. D. Martin – texte inédit / Arcadia © Novembre 2003.

Sommaire




Qui est le crocodile :
Lucifer ou Satan ? (6)


Les lumières supérieures auxquelles Saint-Martin s'est ainsi élevé l'ont rendu sensible à un autre changement qui se produit dans le climat historique de l'humanité. Nous voulons parler d'un événement survenu « dans les coulisses de l'histoire », selon l'expression de Rudolf Steiner qui en a fait la description. Pour un esprit comme Saint-Martin, l'Histoire n'est compréhensible qu'à celui qui peut reconnaître quelles interventions viennent du monde spirituel orienter les faits physiques. Le plus souvent, les hommes subissent ces interventions « à l'état de somnambulisme ». Tel homme politique prononce les paroles décisives, ou bien il presse sur le bouton, sans savoir très bien ce qu'il fait et même en se rendant compte qu'à ce moment précis une volonté supérieure à la sienne parle ou agit à sa place. On a d'ailleurs vu que le Crocodile comptait beaucoup sur ces absences de conscience, à l'heure H, pour imposer ses desseins aux têtes préalablement plongées en léthargie et rendues par là disponibles pour ces substitutions passagères.

Mais « les coulisses de l'Histoire » ne sont pas seulement peuplées de dragons malfaisants. Là se préfigurent les péripéties de la guerre du Bien et du Mal et les adversaires surhumains s'affrontent face à face avant de s'engager dans la forêt touffue des passions humaines sur plan physique. C'est une préfiguration de ce genre qui est décrite dans un Cycle de conférences que fit Rudolf Steiner vers la fin de sa vie (1). On peut dire de ce Cycle qu'il contient la clé du « Crocodile ». Il se produisit au tournant du XVIIIe et du XIXe siècle, y est-il expliqué, « à un niveau supérieur d'expérience, dans le monde spirituel le plus proche de l'être humain», une condensation de puissantes Imaginations qui purent être contemplées non seulement par des âmes alors non incarnées, mais qui purent aussi inspirer des vivants. « Des lueurs venant des régions de l'univers où se produisaient ces puissantes Imaginations » sont visibles dans certaines œuvres de l'époque et préfigurent l'action que l’intelligence divine allait entreprendre contre les puissances ténébreuses pour rétablir les liens entre cette Intelligence et la Condition des hommes sur la terre. Le conte de Gœthe « Le Serpent vert » en est un exemple, est-il dit. Il ne fait pour nous aucun doute que « Le Crocodile » en est un autre. Nous n'en voulons pour preuve qu'une comparaison des textes à laquelle nous ne pouvons nous livrer ici mais que le lecteur peut lui-même entreprendre, s’il a pour cela le sérieux et l'application nécessaires. Entre le livre de Saint-Martin et le Cycle de Rudolf Steiner, les rapprochements sont saisissants, tant par le fond que par les expressions employées elles-mêmes. Et puisqu'il n'y a pas eu communication matérielle entre leurs auteurs, il faut bien penser à une commune source d'inspiration, - ces mystères suprasensibles dont Saint-Martin eut des « lueurs » et dont Rudolf Steiner retrouva la trace.

C'est pourquoi l'étude du « Crocodile » doit être recommandée à ceux qui peuvent la mettre en rapport avec les perspectives historiques de l'anthroposophie. Ils en retireront la conviction profonde que ce qui se passe sur terre est le reflet de ce qui est préparé en esprit. Dans la confusion où se trouvent nos contemporains, - qui ont sans doute absorbé trop de bouillie des livres, - les chercheurs spirituels se demandent parfois si les Instructeurs de l'humanité, qui divergent si souvent dans leurs enseignements, puisent à une seule et même source qui serait la «vraie».

Ils s'interrogent : derrière toutes ces contradictions, existe-t-il une «vérité » ?

Il faut reconnaître que l'humanité n'est pas encore à l'heure de la commune vision, mais à celle où s'acquièrent d’abord les responsabilités personnelles. Multiples sont les modes de recherche de la vérité, même quand celle-ci est une.

Ceci admis, on se trouve d’autant mieux placé pour admirer le cheminement de cette vérité à travers des Instructeurs que séparent les différences de temps et d'espace. Ces rapprochements donnent des preuves remarquables de la conduite spirituelle de l'humanité, conduite sage, comme l'est celle de la nature. Celle-ci n'aboutit-elle pas au type accompli d'une espèce qu'après l'avoir lentement élaboré au cours d'innombrables métamorphoses ?

Un plan de sagesse réclame l'enchaînement ininterrompu de préludes anticipateurs et de résonances prolongées. Dans cette perspective, Saint-Martin nous apparaît à la fin du XVIIIe siècle, par sa grandeur et son isolement spirituel, comme le dernier représentant de la sagesse antique, le « dernier des Initiés », dit Rudolf Steiner, et en même temps comme le précurseur de la future Sophia qui va éclairer le champ de la conscience personnelle. Prophète, il l'est par la dernière partie de son œuvre dont se détache en un style singulièrement annonciateur l'étrange « Crocodile ».

Simone Rihouët-Coroze – Triades N1, Printemps 1962. (Fin de l’article)

Sommaire